Le Burkina Faso veut renforcer sa production piscicole afin d’accroître la disponibilité du poisson produit localement. Dans cette perspective, le Secrétaire technique de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028, Amos Kienou, a visité, le 11 août 2026, les installations piscicoles de Bagré, dans la région du Nakambé. La mission s’est notamment intéressée à deux maillons essentiels de la filière : la disponibilité des alevins et l’approvisionnement en aliments pour poissons. Ces deux facteurs conditionnent directement la capacité des pisciculteurs à maintenir leurs élevages et à mettre régulièrement du poisson sur le marché.
Selon les données présentées lors de la visite, la station piscicole de Bagré produit actuellement environ 150 000 alevins par semaine, soit près de 600 000 par mois. La réhabilitation de deux grands étangs devrait permettre de porter cette capacité à 4 millions d’alevins par mois, soit plus de six fois le niveau actuel. La délégation a aussi inspecté l’unité de production d’aliments piscicoles de Bagré. Sa mise en fonctionnement à pleine capacité doit contribuer à sécuriser l’approvisionnement des producteurs, dans un contexte où la disponibilité et le coût des aliments peuvent limiter le développement des exploitations piscicoles.

Ces investissements s’inscrivent dans les ambitions de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028. Le gouvernement vise à terme une couverture de 65 % des besoins nationaux en poisson par la production locale. Le dispositif prévoit notamment la production de 100 000 tonnes de poisson en cages flottantes ainsi que la réhabilitation de dix stations piscicoles. À Bagré, l’enjeu consiste donc à renforcer simultanément la production d’alevins, l’accès aux aliments et les capacités des infrastructures. L’amélioration de ces différents maillons doit permettre aux pisciculteurs d’augmenter leurs volumes de production et d’assurer une présence plus régulière du poisson local sur les marchés.
Pour le Burkina Faso, le développement de la pisciculture représente ainsi un levier pour réduire l’écart entre la demande nationale et la production locale. La réussite de cette ambition dépendra toutefois de la capacité à rendre durablement disponibles les intrants nécessaires et à maintenir les infrastructures piscicoles pleinement opérationnelles.
Ahoua KIENDREDBEO






