Le Groupe de la Banque africaine de développement a organisé, lors de la première semaine de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB), deux rencontres consacrées à la biodiversité et au financement de la nature en Afrique. Ces échanges visent à mobiliser davantage de ressources et à renforcer les partenariats pour faire du capital naturel africain un levier de lutte contre le changement climatique et de développement durable.
Face à la dégradation des écosystèmes, à la raréfaction des ressources naturelles et aux effets de plus en plus visibles du changement climatique, l’Afrique est confrontée à un certain nombre de défi comme la préservation de sa biodiversité et son développement économique. C’est autour de cette problématique que se sont articulées les discussions organisées par le Groupe de la Banque africaine de développement lors de la semaine d’ouverture de la COP17.
En effet, la première rencontre a porté sur la manière dont les politiques publiques, les connaissances scientifiques et les investissements peuvent contribuer à préserver les ressources naturelles, renforcer la résilience des populations et soutenir une croissance plus respectueuse de l’environnement.
La question du financement a occupé une place importante dans les échanges. Malgré les engagements pris par les États pour enrayer et inverser la perte de biodiversité d’ici à 2030, les ressources mobilisées restent insuffisantes. Pour Al-Hamndou Dorsouma, chef de la Division du changement climatique et de la croissance verte de la Banque, il faut désormais passer des intentions aux investissements. « La nature africaine n’est pas un coût à supporter, mais plutôt un actif dans lequel investir, judicieusement et collectivement », a-t-il soutenu.
Cette approche suppose de mieux préparer les projets, de diversifier les mécanismes de financement et de renforcer la coopération entre les institutions financières. Les échanges avec les Fonds d’investissement climatiques, la Banque islamique de développement et le Programme des Nations unies pour l’environnement ont permis de mettre en évidence plusieurs pistes, notamment le financement mixte, les obligations vertes et les outils de suivi du capital naturel.
L’intérêt de cette concertation réside aussi dans la possibilité de mieux coordonner les interventions sur le continent. Des initiatives comme la Grande Muraille verte et le Programme d’investissement « Nature, populations et climat », qui accompagne neuf pays africains, illustrent le rôle que peuvent jouer les partenariats dans la restauration des écosystèmes et l’adaptation aux changements climatiques.
Pour l’Afrique, dont une partie importante des populations dépend directement des ressources naturelles pour vivre, protéger la biodiversité revient également à préserver les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et les perspectives économiques.
Ahoua KIENDREBEOGO






