Bénin : 320 millions de dollars pour accélérer la révolution agricole et énergétique

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Le Bénin engage une nouvelle étape de sa transformation économique. Grâce à deux accords de financement conclus avec le Groupe de la Banque mondiale pour un montant total de 320 millions de dollars (près de 178 milliards de FCFA), le pays investit simultanément dans les infrastructures, l’agriculture et le capital humain. Une stratégie qui vise à renforcer la sécurité énergétique, accroître la productivité agricole et améliorer durablement les conditions de vie des populations.

Le premier financement, de 150 millions de dollars, est consacré au lancement de la première phase du barrage hydro-multifonction de Dogo-Bis, un projet structurant appelé à transformer la vallée de l’Ouémé. Avec une capacité de production de 128 mégawatts, l’ouvrage permettra non seulement d’accroître l’offre nationale d’électricité, mais aussi de sécuriser la disponibilité de l’eau pour les activités économiques.

Au-delà de sa vocation énergétique, Dogo-Bis est conçu comme un véritable levier de développement agricole. En effet, le projet prévoit de soutenir l’irrigation, l’élevage, l’aquaculture et les activités agro-industrielles dans les départements de l’Ouémé, du Plateau, du Zou et des Collines. La maîtrise des ressources en eau contribuera également à limiter les risques d’inondation qui affectent régulièrement les exploitations agricoles et les infrastructures rurales. Par ailleurs, le projet intègre l’aménagement de pistes d’accès aux zones de production ainsi que l’électrification de plusieurs localités rurales, des investissements destinés à faciliter la commercialisation des produits agricoles, attirer les investissements privés et stimuler la création d’emplois.

Pour le ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, Édouard Dahome, cette infrastructure constitue un pilier de la stratégie nationale visant à renforcer la résilience énergétique tout en soutenant la modernisation de l’agriculture.

Le second accord, d’un montant de 170 millions de dollars, finance le programme ALAFIA I – « Nourrir le Bénin pour l’avenir ». Complémentaire au projet Dogo-Bis, cette initiative mise sur le développement du capital humain en améliorant l’accès des femmes et des enfants aux services de nutrition, de santé et de développement de la petite enfance. À travers ce programme, le gouvernement entend agir sur des facteurs souvent déterminants pour la productivité agricole. Une meilleure nutrition et un meilleur état de santé des populations rurales contribuent à renforcer les capacités de production, à améliorer les revenus des ménages et à consolider la sécurité alimentaire sur le long terme.

Selon le ministre délégué chargé de la Mobilisation des ressources, Hugues Oscar Lokossou, ces investissements permettront d’accompagner une croissance plus inclusive tout en renforçant la résilience des communautés face aux défis économiques et climatiques.

Cette double intervention illustre le choix du Bénin d’adopter une approche intégrée du développement. D’un côté, des infrastructures structurantes destinées à sécuriser l’eau, l’énergie et les activités productives ; de l’autre, des investissements dans le capital humain afin de garantir que cette croissance bénéficie durablement aux populations. Cela permettra au pays de poser les bases d’une agriculture plus résiliente, plus compétitive et mieux préparée à répondre aux défis de la sécurité alimentaire et du changement climatique.

Anne Marie KOUADIO

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