Réunis en septembre 2026 à Addis-Abeba, décideurs politiques, négociateurs, chercheurs, institutions financières, acteurs du secteur privé, jeunes et représentants de la société civile ont appelé à accélérer la mise en œuvre des engagements climatiques africains. La 14ᵉ Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique (CCDA-XIV) a placé au centre des échanges la capacité du continent à passer des promesses aux actions concrètes.
Organisée dans le cadre de ClimDev-Afrique, la rencontre avait pour thème « Des engagements à la mise en œuvre : la feuille de route Belém-Antalya-Addis ». Elle est portée conjointement par la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies, la Commission de l’Union africaine, le Groupe de la Banque africaine de développement, l’Alliance panafricaine pour la justice climatique et Afreximbank.
Les discussions ont porté sur le financement climatique, l’adaptation, la résilience, les marchés du carbone, les minéraux critiques, les systèmes alimentaires, la science et la paix. L’objectif est aussi de consolider les priorités africaines avant la COP31 et de préparer la présidence éthiopienne de la COP32 prévue en 2027. Pour Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, le continent doit aller au-delà de la défense de ses intérêts dans les négociations internationales et participer davantage à la conception des solutions climatiques mondiales. L’enjeu est de faire émerger des propositions africaines crédibles en matière de financement, d’adaptation, d’énergie, de commerce, de technologie et de gouvernance climatique.
Cette accélération apparaît d’autant plus nécessaire que l’Afrique représente moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en restant particulièrement vulnérable aux conséquences du changement climatique. Malgré l’adoption de contributions déterminées au niveau national et de plans d’adaptation, leur traduction en investissements et projets opérationnels demeure encore insuffisante.
Le financement constitue ainsi l’un des principaux défis. James Kinyangi, Coordinateur du Fonds climatique pour le développement de l’Afrique, a indiqué que sa deuxième phase ambitionne de mobiliser 100 millions de dollars et de lever 300 millions de dollars supplémentaires d’ici 2030 pour soutenir la résilience climatique sur le continent. L’objectif est de transformer davantage les engagements financiers en projets produisant des résultats concrets pour les populations.
La conférence a également insisté sur la nécessité d’un financement plus prévisible de l’adaptation et de l’atténuation. Pour les négociateurs africains, les politiques climatiques doivent préserver la capacité des États à poursuivre leur développement tout en accélérant la mise en œuvre de solutions adaptées aux réalités du continent.
Les travaux de la CCDA-XIV vont alimenter les Messages d’action climatique d’Addis-Abeba, destinés à préciser les priorités africaines pour la COP31 et à contribuer à une feuille de route continentale vers la COP32. L’objectif est de faire évoluer l’agenda climatique africain d’une logique principalement fondée sur les engagements vers une approche davantage centrée sur le financement, l’investissement et l’exécution de projets de résilience.
Alpha BARRO






