Afreximbank veut faire de l’éducation financière un levier d’accès au financement et au commerce pour les entreprises africaines. Son académie, Afreximbank Academy (AFRACAD), s’est associée à la fintech CreditRegistry Corporation dans le cadre d’un partenariat visant, à terme, environ trois millions de familles et d’entreprises en Afrique et au sein de la diaspora africaine. Selon Afreximbank, le protocole d’accord conclu pour trois ans doit permettre de développer les connaissances en matière d’éducation financière, de gestion du crédit, d’entrepreneuriat et de commerce. Les jeunes, les entrepreneurs, les micros, petites et moyennes entreprises (MPME), les entreprises dirigées par des femmes ainsi que les professionnels figurent parmi les principaux bénéficiaires ciblés.
L’objectif est d’aider les participants à mieux comprendre les mécanismes du crédit, à renforcer leur profil de solvabilité et à améliorer leur capacité à présenter des projets susceptibles d’obtenir des financements. La formation doit progressivement évoluer vers des modules plus avancés portant sur le financement du commerce, la conformité, la diligence raisonnable et les échanges internationaux.
Pour déployer le programme, le cursus de l’Africa Consumer Credit Academy (ACCA) de CreditRegistry sera intégré à la plateforme numérique d’AFRACAD. Les formations prendront la forme de cours en ligne, de masterclasses, de webinaires, d’ateliers pour cadres et de programmes de certification. Une première initiative doit toucher entre 20 000 et 30 000 apprenants, avant une montée en puissance vers l’objectif de plusieurs millions de bénéficiaires. Le partenariat doit également favoriser l’utilisation de deux outils développés par Afreximbank : MANSA, son référentiel de diligence raisonnable, et le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS). Leur adoption doit aider les entreprises à améliorer leur conformité, faciliter les transactions financières et renforcer leur capacité à accéder aux marchés transfrontaliers.
L’initiative intervient alors que l’accès au financement demeure une difficulté importante pour de nombreuses MPME africaines. Au-delà de la disponibilité du crédit, les partenaires mettent l’accent sur la capacité des entrepreneurs à comprendre les exigences des institutions financières, à gérer leur historique de crédit et à maîtriser les instruments nécessaires au développement de leurs activités. Cette dimension prend une importance particulière avec l’ouverture progressive des marchés dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Pour les petites entreprises, tirer profit du commerce intra-africain suppose non seulement de disposer de produits compétitifs, mais aussi de maîtriser les paiements, la conformité, le financement et les règles du commerce transfrontalier.
Avec ce partenariat, Afreximbank cherche donc à rapprocher formation, accès au crédit et accès aux marchés. Si l’objectif de trois millions de familles et d’entreprises est atteint, le programme pourrait contribuer à élargir la base des acteurs africains capables de participer plus efficacement au financement formel et au commerce continental.
Alpha BARRO






