Filière mangue au Burkina Faso : la bataille de 2026 contre les mouches des fruits est lancée

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Alors que les acteurs de la filière mangue se sont réunis à Bobo-Dioulasso les 17 et 18 mars 2026, l’enjeu dépasse la simple protection des récoltes. Dans un contexte de régulation des revenus via le prix plancher, la qualité sanitaire des fruits devient le rempart indispensable contre l’effondrement économique des producteurs.

La menace n’est plus théorique, elle est comptable. Selon le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques (MAERAH), les attaques des mouches des fruits ont engendré des pertes estimées à plus d’un milliard de francs CFA au cours des cinq dernières années. Ces ravageurs ne se contentent pas de réduire les volumes récoltés ; ils s’attaquent directement à la qualité des fruits, rendant une partie de la production impropre à la commercialisation.

En 2026, l’articulation entre la lutte phytosanitaire et la viabilité économique est plus serrée que jamais. L’instauration ou le maintien d’un prix plancher (prix minimum garanti au producteur) ne peut porter ses fruits que si la marchandise est vendable. Les mouches des fruits constituent une « contrainte préoccupante » car elles impactent négativement l’exportation. Or, pour qu’un acheteur puisse respecter un prix plancher, il doit disposer d’un produit répondant aux normes internationales. Si la prolifération des mouches n’est pas maîtrisée, le risque est double pour le producteur : une perte sèche de rendement et une impossibilité de vendre au prix fort en raison de la dégradation de la qualité, rendant le prix plancher théorique face à des cargaisons refusées pour non-conformité sanitaire.

Face à l’urgence, le MAERAH, à travers sa Direction en charge de la protection des végétaux, mise sur un plan triennal de riposte. L’objectif est de transformer une lutte souvent individuelle en une stratégie collective et harmonisée sur l’ensemble du territoire. Cette stratégie pour la saison 2026 est axée sur le renforcement du système de surveillance et d’alerte précoce, l’acquisition d’équipements et de produits de lutte adaptés, l’accompagnement des producteurs dans la mise en œuvre des techniques de lutte, ainsi que sur le renforcement des capacités des acteurs.

Pour Raymond Zemba, Chargé d’études au Secrétariat général du ministère, la réussite de cette campagne repose sur l’engagement et la responsabilité de toutes les parties prenantes. L’enjeu final est l’amélioration durable de la compétitivité de la mangue burkinabè sur le marché régional et international.

Dans un marché mondialisé, la capacité du Burkina Faso à garantir des mangues « zéro piqûre » est la seule condition permettant de justifier et de maintenir des prix rémunérateurs pour les paysans de la région du Guiriko et au-delà.

Sami KAM

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