Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une accélération de la croissance économique du Burkina Faso, qui devrait passer de 4,4 % en 2026 à 4,8 % en 2027. Cette perspective repose sur la bonne tenue du secteur aurifère et la reprise attendue de l’agriculture. Dans un communiqué publié le 4 novembre 2026, l’institution souligne les efforts réalisés pour renforcer la résilience de la production agricole face aux aléas climatiques, tout en attirant l’attention sur les risques qui pèsent sur la sécurité alimentaire.
Le Burkina Faso pourrait enregistrer une amélioration de ses performances économiques en 2027, malgré un environnement international marqué par les tensions sur les prix de l’énergie et les incertitudes climatiques. C’est ce qui ressort des conclusions d’une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite à Ouagadougou du 26 octobre au 4 novembre 2026 par Jaroslaw Wieczorek, chef de mission de l’institution pour le Burkina Faso.
À l’issue des discussions, les services du FMI et les autorités burkinabè sont parvenus à un accord au niveau des services concernant la sixième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et la deuxième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Selon le FMI, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel, projetée à 4,4 % en 2026, devrait atteindre 4,8 % en 2027. Cette évolution serait soutenue par les performances du secteur minier, particulièrement aurifère, et par le redressement attendu de l’activité agricole.
Malgré des conditions pluviométriques défavorables au cours de la saison agricole, le FMI relève des avancées dans le renforcement de la résilience du secteur agricole burkinabè. L’institution met particulièrement en avant l’amélioration de l’accès aux engrais, l’extension des superficies irriguées, la réhabilitation des barrages et la réalisation de nouveaux forages. Ces interventions ont contribué à atténuer les effets des conditions climatiques défavorables sur les activités agricoles.
Ces efforts mettent en évidence l’importance des investissements dans la maîtrise de l’eau et l’accès aux intrants pour réduire la vulnérabilité des exploitations agricoles aux variations pluviométriques. L’irrigation constitue, à cet égard, un levier pour soutenir la production, surtout en dehors de la saison des pluies, et renforcer la sécurité alimentaire.

Toutefois, en dépit des perspectives économiques favorables, la sécurité alimentaire demeure un sujet de préoccupation. En effet, le FMI attire l’attention sur les conséquences des aléas climatiques et de la hausse des cours internationaux des produits pétroliers, dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient. L’augmentation des coûts de l’énergie pourrait se répercuter sur les dépenses de transport, d’irrigation motorisée et d’acheminement des produits agricoles vers les marchés, avec des conséquences possibles sur les coûts de production et les prix des denrées alimentaires.
Selon les prévisions de l’institution, l’inflation devrait atteindre environ 2 % en 2026 et pourrait progresser en 2027, tout en restant dans la fourchette de 1 % à 3 % retenue par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Face à ces risques, les discussions entre le FMI et les autorités burkinabè ont porté sur les mesures destinées à maîtriser les coûts énergétiques, renforcer la protection sociale et préserver la sécurité alimentaire des populations.

Sur le plan financier, l’accord conclu ouvre la voie à de nouveaux décaissements, sous réserve de l’approbation du Conseil d’administration du FMI. La conclusion de la sixième revue de la FEC permettrait ainsi un décaissement de 48,16 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), portant le total des décaissements au titre de ce programme à 228,76 millions de DTS. Quant à la deuxième revue de la FRD, son approbation permettrait de mobiliser 16,42 millions de DTS supplémentaires, portant le cumul des décaissements de cette facilité à 32,84 millions de DTS.
Cette dernière facilité vise à accompagner les réformes destinées à renforcer la résilience économique et climatique du Burkina Faso. Elle soutient des actions relatives à la gestion des risques de catastrophes, à l’intégration des enjeux climatiques dans les investissements publics et à la mobilisation des financements climatiques. L’examen des deux revues par le Conseil d’administration du FMI est provisoirement prévu pour la mi-janvier 2027.
Robert ADJOVI






