La protection de la biodiversité peut devenir un véritable moteur de croissance pour les économies rurales. Selon le Fonds international de développement agricole (FIDA), la restauration des terres dégradées, la préservation des ressources naturelles et le développement de chaînes de valeur durables peuvent améliorer les rendements agricoles, accroître les revenus des producteurs et renforcer la sécurité alimentaire. Des expériences menées au Mali et au Kenya illustrent les retombées économiques de cette approche.
Dans une publication intitulée « 5 façons de faire de la biodiversité un atout pour les économies rurales », le FIDA souligne que la biodiversité constitue une ressource productive essentielle pour l’agriculture, l’élevage et la pêche. Pourtant, sa dégradation menace directement les moyens de subsistance des populations.
Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), citées par le FIDA, 1,7 milliard de personnes vivent dans des zones où la dégradation des terres provoquée par les activités humaines entraîne une baisse des rendements agricoles. Cette situation renforce la nécessité d’investir dans des systèmes de production capables de concilier productivité et préservation des écosystèmes.
Pour répondre à ces défis, le FIDA préconise une approche qui associe la restauration environnementale à des opportunités économiques concrètes. Il s’agit de soutenir la production, le stockage, la transformation et la commercialisation des produits agricoles, tout en améliorant la gestion des ressources naturelles.
Au Mali, près de 1 500 hectares de pâturages restaurés
Dans le delta intérieur du Niger, au Mali, le Programme du Fonds de développement en zone sahélienne (FODESA) a soutenu la plantation de près de 1 500 hectares de bourgou, une graminée locale qui constitue une importante ressource fourragère et contribue à la reproduction des poissons.
Cette intervention a permis d’améliorer la productivité de l’élevage et d’accroître les volumes de pêche, tout en favorisant le retour de plusieurs espèces végétales et animales. Des infrastructures de stockage et de transformation ont également facilité la conservation et la commercialisation du fourrage, offrant de nouvelles possibilités de revenus aux familles bénéficiaires.
L’expérience montre que la restauration des écosystèmes peut produire des bénéfices simultanés pour les activités agricoles, pastorales et halieutiques.
Au Kenya, la conservation de l’eau présente un potentiel de rentabilité économique
Dans le bassin du Haut-Tana, au Kenya, un fonds pour l’eau soutenu par le FIDA accompagne les agriculteurs dans la conservation des sols et la protection des ressources hydriques. Selon les estimations rapportées par l’institution, un investissement de 10 millions de dollars pourrait générer 21,5 millions de dollars de bénéfices économiques sur 30 ans. Ces retombées attendues illustrent l’intérêt de mobiliser des financements pour les services environnementaux, dont les bénéfices dépassent les seules exploitations agricoles.
Le FIDA insiste ainsi sur la nécessité de mieux répartir les coûts de protection de la biodiversité. Les agriculteurs et les communautés rurales, qui assurent une grande partie de la gestion des ressources naturelles, doivent pouvoir bénéficier d’incitations financières et d’un meilleur accès aux marchés.
La sécurisation des droits fonciers, la participation des femmes et des jeunes ainsi que la valorisation des savoirs locaux constituent également des conditions importantes pour garantir la pérennité des initiatives.
Des investissements à développer pour transformer les économies rurales
À travers sa Stratégie 2025-2031 pour le climat, l’environnement et la biodiversité, le FIDA entend renforcer l’intégration de ces enjeux dans ses opérations de financement du développement rural. L’institution privilégie les investissements qui associent restauration des écosystèmes, accès aux financements, accompagnement technique et développement des débouchés commerciaux.
Au Brésil, le projet Pró-Semiárido, soutenu par le FIDA, a ainsi plus de 75 000 familles grâce à une combinaison d’appuis techniques, de soutien à la production durable et d’amélioration de l’accès aux marchés.
Robert ADJOVI
Source : Fonds international de développement agricole (FIDA)






