De 2019 à 2026, le Projet d’appui à l’emploi des jeunes et au développement des compétences en milieu rural (PADEJ-MR) accompagne des entrepreneurs à Kaya, Koudougou, Dédougou et Ouahigouya, au Burkina Faso, en combinant formation, incubation, immersion professionnelle et financement, afin de moderniser leurs activités, renforcer leur productivité et favoriser la création d’emplois.
L’entrepreneuriat est un levier de création d’emplois et de valorisation des ressources locales au Burkina Faso. Dans les zones rurales, de jeunes entrepreneurs se lancent dans la transformation agroalimentaire, le tissage traditionnel ou encore l’élevage, avec l’ambition de faire grandir leurs activités et de contribuer au développement économique de leurs communautés. Mais entre la volonté d’entreprendre et la capacité de produire à grande échelle, l’accès aux équipements, au financement et aux compétences demeure un défi. C’est pour répondre à ces besoins que le Projet d’appui à l’emploi des jeunes et au développement des compétences en milieu rural (PADEJ-MR) accompagne des initiatives entrepreneuriales dont les résultats se traduisent déjà sur le terrain.
Mis en œuvre entre 2019 et 2026, ce projet mobilise 13,62 millions d’euros, financés à 90 % par un don du Fonds africain de développement, guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement. Son approche repose sur un accompagnement qui associe renforcement des capacités, apprentissage pratique et financement des plans d’affaires, avec pour ambition de soutenir l’emploi des jeunes et le développement des activités agricoles et agro-industrielles en milieu rural.
À Kaya, Benguédo Ouédraogo s’est lancé dans la transformation du beurre de karité. Fondateur de Poko Service, il est passé d’une production artisanale à une activité semi-industrielle grâce à un financement de 16 800 euros obtenu en décembre 2025. Les équipements acquis, la construction d’un hangar et les compétences développées lors de son incubation lui permettent d’atteindre, selon ses déclarations, une production moyenne de trois tonnes par jour. Son entreprise approvisionne désormais plusieurs villes du pays et emploie cinq jeunes. Au-delà de l’augmentation des volumes, cet accompagnement lui a permis de renforcer sa place dans la filière karité. Il souhaite développer une unité industrielle et d’élargir ses débouchés grâce à une certification nationale de qualité.
À Koudougou, Évodie Bireba poursuit une ambition similaire dans un secteur où tradition et modernisation se rencontrent. Héritière d’un savoir-faire familial, elle dirige Birkotex, une entreprise spécialisée dans le tissage du Faso Danfani. Le soutien de 27 500 euros accordé dans le cadre du projet lui a permis de construire trois bâtiments, d’acquérir de nouveaux équipements et d’installer des métiers à tisser capables de produire des pagnes de deux mètres de largeur. Associés aux connaissances pratiques acquises pendant l’incubation, ces investissements ont amélioré les capacités de production de son atelier, qui emploie six personnes. L’entreprise écoule aujourd’hui toute sa production, portée par l’intérêt croissant pour les produits locaux. Évodie envisage désormais d’élargir ses marchés au-delà des frontières nationales.
À Dédougou, Jacob Dakio a, lui aussi, bénéficié de cet accompagnement pour structurer son exploitation agricole. Après des formations en gestion, en marketing et en techniques d’élevage, complétées par une immersion dans une ferme laitière, il a obtenu 15 000 euros en décembre 2025. Ce financement lui a permis de faire passer son cheptel de deux à dix vaches laitières, de construire un abri pour les animaux et de constituer un fonds de roulement. À la tête d’Agri-Espace, il diversifie ses activités entre production laitière, cultures maraîchères, élevage de volailles et de lapins, ainsi que production fourragère.
Ces trois parcours montrent que le financement, lorsqu’il s’appuie sur la formation et l’apprentissage pratique, peut contribuer à transformer des initiatives individuelles en entreprises plus productives. En renforçant les équipements, les compétences et les perspectives commerciales des jeunes entrepreneurs, le PADEJ-MR participe à la structuration des filières locales et à la création d’opportunités d’emploi en milieu rural burkinabè.