Afrique de l’Ouest et Sahel : le dialogue régional sur la tenure de l’eau à usage pastoral officiellement lancé

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Le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont officiellement lancé, le 15 septembre 2026, le Dialogue régional sur la tenure de l’eau à usage pastoral en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Le processus vise à mieux organiser l’accès à l’eau, sécuriser les droits d’usage et prévenir les conflits liés à une ressource essentielle à l’élevage, à la mobilité pastorale et à la sécurité alimentaire.

Ouvert par un atelier virtuel, le dialogue réunit des représentants de plusieurs pays, des experts, des organisations professionnelles, des partenaires techniques ainsi que des acteurs directement concernés par l’utilisation des ressources hydriques. Il s’inscrit dans le Dialogue mondial sur la tenure de l’eau conduit par la FAO, qui cherche à définir des principes de gouvernance plus équitables, durables et inclusifs. La notion de « tenure de l’eau » renvoie aux règles qui déterminent qui peut utiliser l’eau, dans quelles conditions et avec quels droits et responsabilités. Elle englobe aussi bien les droits formellement reconnus par la législation que les pratiques coutumières et les arrangements locaux qui organisent l’accès quotidien à la ressource.

Dans les zones pastorales, cette question est particulièrement sensible. En effet, la disponibilité de l’eau conditionne les déplacements des troupeaux, l’accès aux pâturages et, plus largement, la viabilité des systèmes pastoraux. La pression croissante sur les points d’eau, la concurrence avec les usages agricoles ou domestiques et les effets du changement climatique peuvent également accentuer les tensions entre usagers.

Pour le CILSS, ce dialogue favorise l’analyse des cadres juridiques et institutionnels existants, d’identifier les difficultés rencontrées par les pasteurs dans l’accès à l’eau et de mieux documenter les mécanismes locaux de gouvernance et de règlement des conflits. Une attention particulière doit être accordée aux communautés pastorales, aux petits producteurs, aux femmes et aux jeunes. La démarche s’appuie aussi sur des expériences déjà engagées dans la région. Au Sénégal, un dialogue national conduit par la FAO entre avril et mai 2026 a permis d’examiner les règles d’accès à l’eau dans les zones pastorales et de formuler des recommandations sur la sécurisation des usages, la mobilité et la prévention des conflits. Ces travaux doivent alimenter la réflexion régionale et, au-delà, le Dialogue mondial sur la tenure de l’eau. La FAO défend la reconnaissance des droits légitimes d’usage, la transparence, l’égalité entre les femmes et les hommes, la durabilité, la résilience ainsi que l’accès à des mécanismes de règlement des différends. L’objectif est de rapprocher les politiques publiques des réalités vécues par les populations qui dépendent directement des ressources hydriques.

À terme, le processus régional contribuera à dégager des orientations communes pour une gestion plus inclusive de l’eau pastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Dans un contexte marqué par la variabilité climatique et la compétition croissante autour des ressources naturelles, l’enjeu est de mieux sécuriser l’accès à l’eau sans fragiliser la mobilité des troupeaux ni les moyens d’existence des communautés rurales.

Alpha BARRO

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