Le ministre ivoirien des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a salué, le 4 septembre 2026 à Taabo, l’adhésion des pêcheurs artisanaux au repos biologique. Cette période de fermeture temporaire de certaines activités de pêche vise à permettre la reproduction des espèces et la reconstitution des stocks de poissons.
Le ministre s’est rendu au débarcadère de Taabo où il a échangé avec les acteurs de la pêche. Tout en se félicitant de leur mobilisation, il les a invités à respecter strictement les restrictions en vigueur afin de préserver les ressources halieutiques dont dépend leur activité. Pour le lac de Taabo, le calendrier 2026 prévoit l’interdiction des filets maillants et des nasses du 1er septembre au 31 octobre. Les mêmes dispositions concernent les lacs de Kossou, Buyo et Soubré ainsi que les cours d’eau adjacents. Le principe du repos biologique est de réduire temporairement la pression exercée sur les ressources aquatiques pendant des périodes déterminantes pour leur renouvellement. Pour les communautés qui vivent de la pêche, l’effort consiste donc à renoncer momentanément à certains engins ou activités afin de favoriser, à terme, la disponibilité du poisson et la pérennité des revenus.
La Côte d’Ivoire applique progressivement ce dispositif depuis 2023. D’abord instauré dans les eaux marines, il a été étendu à plusieurs lagunes et plans d’eau continentaux. Les autorités estiment que les premiers résultats sont encourageants parce que les captures enregistrées dans les eaux sous juridiction ivoirienne sont passées de 85 727 tonnes en 2022 à 102 873 tonnes en 2025, soit une progression d’environ 20 %.
À Taabo, la gestion durable de la ressource fait déjà l’objet d’initiatives locales. En effet, en mars 2025, une convention de cogestion avait été conclue pour préserver le Pellonula leonensis, petit poisson localement appelé « Mimie la go ». Les pêcheurs s’étaient engagés, entre autres, à respecter les périodes de fermeture et d’ouverture des pêches ainsi que des pratiques destinées à éviter la surexploitation de l’espèce.
Pour Sidi Touré, l’adhésion des pêcheurs constitue donc un élément déterminant du succès de cette politique. Au-delà des contrôles, la préservation des ressources du lac de Taabo dépend surtout de la capacité des acteurs à faire du repos biologique une pratique durable, afin de concilier production halieutique, revenus des pêcheurs et renouvellement des stocks de poissons.
Anne Marie KOUADIO






