Le Burkina Faso bénéficie d’un nouvel appui financier de la Banque mondiale pour renforcer la protection sociale et soutenir les populations les plus exposées aux crises. L’institution a approuvé un financement de 120 millions de dollars, soit près de 72 milliards de FCFA, destiné à améliorer les conditions de vie des ménages vulnérables, favoriser leur autonomie économique et renforcer la résilience du pays face aux chocs climatiques, économiques et sécuritaires.
Financé à travers un crédit de 100 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) et une subvention de 20 millions de dollars du Programme de protection sociale adaptative au Sahel, ce projet sera mis en œuvre sur une période de cinq ans. Il marque une nouvelle étape dans le partenariat entre la Banque mondiale et le Burkina Faso en matière de protection sociale. Au cœur de cette intervention figure l’accompagnement de 120 000 bénéficiaires, parmi lesquels des ménages pauvres, des personnes déplacées internes et des rapatriés. L’objectif est de leur offrir davantage d’opportunités économiques grâce au développement d’activités génératrices de revenus, au renforcement des compétences et à un meilleur accès aux services essentiels, notamment en matière de nutrition, de santé et de sécurité alimentaire. Le programme accordera une attention particulière à l’autonomisation économique des femmes, considérée comme un levier essentiel pour améliorer durablement les revenus des ménages et renforcer leur capacité à faire face aux crises.
Au-delà de l’appui direct aux populations, le projet vise à moderniser le système national de protection sociale. Il prévoit de renforcer le Registre social national, outil stratégique d’identification des ménages vulnérables, et d’améliorer son interconnexion avec d’autres bases de données publiques, notamment celles relatives aux personnes déplacées internes et à l’assurance maladie. Cette évolution devrait permettre de mieux cibler les bénéficiaires et d’accroître l’efficacité des interventions sociales.
Cette nouvelle opération s’appuie sur les acquis du projet Burkina Naong Sa Ya (« Mettre fin à la pauvreté »), mis en œuvre entre 2014 et 2024. Selon la Banque mondiale, ce programme a permis de soutenir plus d’un million de personnes à travers les dispositifs de filets sociaux et de mettre en place les fondements du Registre social national.
Pour Hamoud Abdel Wedoud Kamil, représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, ce financement s’inscrit dans le nouveau cadre de partenariat avec le pays, qui privilégie la création d’emplois, l’élargissement des opportunités économiques et le renforcement de la résilience des populations. Même analyse du côté de Trina Haque, directrice régionale de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui estime que cet investissement contribuera à protéger le capital humain des ménages les plus fragiles tout en leur donnant les moyens de construire des moyens d’existence plus durables.
Au-delà de son volet social, cette initiative représente un investissement dans le développement économique du Burkina Faso. En renforçant les capacités productives des ménages vulnérables et en améliorant le ciblage des politiques sociales, le projet ambitionne de réduire durablement la pauvreté, de favoriser l’inclusion économique et de consolider la cohésion sociale dans un contexte marqué par de multiples défis.
Alpha BARRO






