Burkina Faso : la production céréalière en progression vers un record de 8 millions de tonnes pour la campagne 2026-2027

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Le Burkina Faso affiche de grandes ambitions pour la campagne agricole 2026-2027. Après une campagne 2025 jugée satisfaisante, le gouvernement vise une production céréalière de 7,94 millions de tonnes, soit une hausse de 11,2 %. Cette projection, présentée dans le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029, confirme la volonté des autorités de faire de l’agriculture un pilier de la souveraineté alimentaire et de la croissance économique.

Pour atteindre cet objectif, plusieurs mesures ont été engagées dès le lancement de la campagne agricole. Les producteurs sont invités à appliquer les recommandations agro-climatiques des services techniques, notamment le choix de variétés adaptées, le respect des dates optimales de semis et l’adoption de techniques de conservation des eaux et des sols. En parallèle, l’État renforce la mise à disposition de semences améliorées, d’engrais, d’équipements agricoles et poursuit les investissements dans les aménagements hydroagricoles à travers l’Offensive agropastorale, halieutique et hydraulique.

Les prévisions reposent sur une bonne répartition des pluies, une amélioration de la situation sécuritaire et la poursuite des investissements publics en faveur du secteur rural. Selon le DPBEP, la production céréalière passerait de 7,14 millions de tonnes en 2025 à 7,94 millions de tonnes en 2026, avant de progresser de 9,3 % en 2027, 6,3 % en 2028 et 5,7 % en 2029.

Cette dynamique s’appuie sur les résultats encourageants de la campagne sèche 2025-2026. Les statistiques officielles font état d’une production maraîchère de 1,47 million de tonnes, en hausse de 14,4 %, ainsi que d’une progression des productions de contre-saison grâce aux investissements réalisés dans l’irrigation, les aménagements agricoles et l’accompagnement des producteurs. Ces performances devraient soutenir la croissance économique nationale. En effet, après une progression de 11,5 % en 2025, la valeur ajoutée du secteur primaire est attendue en hausse de 9,4 % en 2026, portée par une croissance de 11,2 % de l’agriculture vivrière et de 12,4 % des cultures de rente. La croissance économique du Burkina Faso est ainsi projetée à 5,7 %.

Malgré ces perspectives favorables, le gouvernement reste vigilant. Le DPBEP identifie une baisse de 20 % de la production céréalière comme l’un des principaux risques macroéconomiques. Une telle situation affecterait les revenus des producteurs, accentuerait les importations alimentaires et exercerait une pression sur les prix des denrées. Pour limiter ces risques, les autorités poursuivent leurs investissements dans la sécurisation des zones de production, le développement des infrastructures hydroagricoles et l’accompagnement technique des exploitants.

Si les conditions climatiques et sécuritaires demeurent favorables, le Burkina Faso pourrait franchir, pour la première fois, le seuil symbolique des huit millions de tonnes de céréales. Une performance qui renforcerait la souveraineté alimentaire du pays tout en confirmant le rôle stratégique de l’agriculture dans sa transformation économique.

Anne Marie KOUADIO

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