Après près de deux décennies d’arrêt, le périmètre irrigué de Loumbila renaît. Le gouvernement burkinabè a officiellement procédé, le 3 juin 2026, à la mise en eau de cette plaine agricole de 60 hectares, marquant une étape majeure dans le renforcement de la production semencière et de la souveraineté alimentaire du pays.
Situé au sein de la ferme semencière de Loumbila, dans la région de l’Oubri, ce périmètre avait cessé de fonctionner depuis 2008 en raison de la dégradation de son réseau d’irrigation. Sa réhabilitation, réalisée grâce au Projet d’urgence de développement territorial et de résilience (PUDTR), lui redonne aujourd’hui toute sa vocation productive.
Alimenté par le barrage de Loumbila, dont la capacité de stockage atteint 42 millions de mètres cubes d’eau, le site dispose désormais d’infrastructures modernes comprenant une station de pompage équipée de trois motopompes, un réseau de canaux d’irrigation et de drainage ainsi que 240 parcelles de production de 0,25 hectare chacune.

Cette remise en service ouvre de nouvelles perspectives pour l’agriculture burkinabè. Grâce à la disponibilité permanente de l’eau, la ferme semencière pourra désormais produire jusqu’à trois campagnes par an, avec une production attendue de plus de 48,5 tonnes de semences et d’autres spéculations par saison. Une avancée stratégique dans un contexte où la disponibilité de semences de qualité constitue l’un des piliers de l’Offensive agropastorale et halieutique engagée par le Burkina Faso.
Lors de la cérémonie de lancement, le ministre d’État chargé de l’Agriculture, le Commandant Ismaël Sombié, a appelé les exploitants à gérer et entretenir rigoureusement les infrastructures afin d’assurer leur durabilité. L’objectif est de faire de ce périmètre un levier durable de création de richesses, d’emplois et de sécurité alimentaire pour les communautés locales et pour l’ensemble du pays.
Au-delà des 60 hectares remis en eau, c’est un signal fort envoyé au monde rural. Loumbila illustre la volonté des autorités de transformer les investissements hydrauliques en moteurs de croissance agricole, en permettant aux producteurs de cultiver toute l’année et d’améliorer durablement leurs rendements. Dans un Burkina Faso engagé dans la quête de l’autosuffisance alimentaire, la réhabilitation de cette plaine apparaît comme une victoire concrète sur les contraintes climatiques et un nouvel espoir pour la production nationale.
Anne Marie KOUADIO






