Accra s’apprête à lancer la construction d’une mégacentrale de 1 200 MW en 2026. Entre réduction massive des coûts et exploitation des ressources gazières locales, le Ghana amorce une révolution pour garantir sa sécurité énergétique et soutenir son industrialisation.
Le gouvernement ghanéen a dévoilé son ambition de faire du gaz domestique le moteur de sa croissance. Dans le cadre du budget 2026, le ministre des Finances, Dr Cassiel Ato Forson, a annoncé le début imminent de la construction d’une centrale thermique de 1 200 mégawatts (MW). Ce projet phare s’inscrit dans une stratégie plus large baptisée « Gas-to-Power Transformation », visant à stabiliser un réseau électrique sous pression.
L’enjeu n’est pas seulement technique, il est financier. En effet, le Ghana cherche à réduire ses coûts de production d’électricité de près de 75 % en substituant le gaz naturel aux combustibles importés plus coûteux, comme le fioul léger (LCO). Cette transition est jugée vitale pour éponger une dette énergétique qui pèse lourdement sur les finances publiques, avec un déficit du secteur qui pourrait atteindre 2,2 milliards de dollars d’ici fin 2025.
Le paysage énergétique ghanéen se transforme déjà avec :
- la centrale de Bridge Power : la première phase de 200 MW de ce projet de 515 MW a été mise en service à Kpone. Utilisant le gaz naturel, elle augmente la capacité thermique du pays de 7 %.
- l’expansion du gaz domestique : les champs Jubilee et TEN ont augmenté leurs livraisons quotidiennes, tandis que le projet OCTP (ENI/Vitol) a vu sa capacité de traitement passer de 240 à 270 millions de pieds cubes par jour.
- l’innovation : le pays a également inauguré sa toute première installation de Gaz Naturel Comprimé (GNC), marquant une étape clé dans la diversification des usages du gaz.
Les experts soulignent que pour réussir cette transition, l’État doit sécuriser les investissements et garantir un flux quotidien constant vers les centrales électriques. À terme, la capacité de production nationale, soutenue par les nouveaux accords avec les partenaires de Jubilee et OCTP, devrait fournir assez de gaz pour alimenter la nouvelle centrale de 1 200 MW et répondre à la demande industrielle croissante.
Anne Marie KOUADIO






