Prévisions 2026 : une saison des pluies contrastée entre inondations et sécheresse en Afrique de l’Ouest

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Réunis à N’Djaména du 20 au 24 avril 2026, les experts du climat pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel ont levé le voile sur les perspectives de la prochaine saison des pluies, dessinant un tableau géographique particulièrement hétérogène pour la région. Selon les conclusions du forum PRESASS 2026, les populations du Sahel Centre et Est, incluant notamment le Niger, le Tchad et le Nord du Nigéria, doivent s’attendre à des cumuls pluviométriques globalement excédentaires à moyens. À l’opposé, un scénario plus préoccupant se dessine pour le Sahel Ouest et la zone soudanienne, englobant le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau et l’Ouest du Mali, où les précipitations s’annoncent normales à déficitaires.

Cette disparité régionale se reflète également dans le calendrier agricole. En effet, si la saison devrait démarrer de façon normale à précoce sur la bande sahélienne orientale, elle risque d’être beaucoup plus tardive dans les zones occidentales. Les experts préviennent toutefois qu’indépendamment du volume total de pluie, des séquences sèches globalement longues à moyennes sont à craindre sur l’ensemble des zones soudaniennes et sahéliennes, ce qui pourrait gravement perturber le développement initial des cultures.

Sur le plan hydrologique, les prévisions indiquent des écoulements moyens à excédentaires dans la plupart des grands bassins fluviaux, avec des risques marqués d’inondations et de débordements de cours d’eau dans des secteurs comme le Logone au Tchad ou la Komadougou Yobé entre le Niger et le Nigéria. À l’inverse, certains bassins stratégiques comme le haut bassin de la Bénoué ou le Delta inférieur du Niger pourraient connaître des écoulements déficitaires, menaçant la disponibilité en eau. Dans les zones humides, on craint la prolifération de maladies climato-dépendantes comme le choléra ou la malaria, ainsi que des attaques de ravageurs tels que le criquet pèlerin. Dans les régions frappées par le déficit hydrique, les risques de canicules, de pertes de semis et de baisses de rendements pourraient exacerber l’inflation alimentaire et la vulnérabilité des ménages.

Au-delà des impacts purement agricoles et sanitaires, le forum souligne que la conjugaison de ces aléas climatiques avec la pauvreté et l’insécurité civile préexistante pourrait accroître les tensions sociales et les conflits entre éleveurs et agriculteurs autour des ressources productives. Pour atténuer ces menaces, les experts ont fait des recommandations afin de renforcer les actions anticipatoires, d’assurer la maintenance des infrastructures de protection comme les digues et de curer les réseaux d’assainissement dans les villes. Les agriculteurs sont encouragés à adopter des techniques climato-intelligentes, notamment le choix de variétés de semences adaptées au stress hydrique ou à l’excès d’eau, et à souscrire à des assurances agricoles pour sécuriser leurs revenus. La vigilance devra rester maximale tout au long de l’année, et les décideurs comme les producteurs sont invités à suivre de près les mises à jour régulières des services météo nationaux et du Centre AGRHYMET.

Sami KAM

Télécharger le communiqué final : Forum 2026 des Prévisions Saisonnières des caractéristiques Agro-hydro-climatiques de la saison des pluies pour les zones Soudanienne et Sahélienne de l’Afrique l’Ouest et du Sahel (PRESASS, 2026)
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