L’heure est à l’accélération pour l’économie rurale et industrielle de la zone UEMOA. La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) vient de faire valider par le Conseil des Ministres de l’UMOA, le 27 mars 2026, son nouveau plan stratégique quinquennal intitulé « Djoliba… La suite ». Ce programme ambitieux pour la période 2026-2030 prévoit de porter les financements globaux à 6 500 milliards FCFA, soit quasiment le double du plan précédent, avec une priorité absolue accordée à la souveraineté alimentaire et énergétique.
Ces annonces marquent un tournant décisif dans le soutien aux filières de rente et à l’agriculture de subsistance. Le secteur cotonnier, véritable poumon économique de la région, bénéficie d’ores et déjà d’appuis massifs, notamment au Burkina Faso avec 50 milliards FCFA débloqués pour l’acquisition de 120 000 tonnes d’intrants pour la campagne 2026-2027, et au Mali où 25 milliards FCFA soutiennent la collecte et l’égrenage de la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT).
Cette dynamique de financement s’étend à la transformation locale pour capter davantage de valeur ajoutée. L’initiative de la société Label d’Or SA au Togo, soutenue à hauteur de 6 milliards FCFA pour la modernisation de la transformation du karité, illustre cette volonté de structurer des chaînes de valeur agro-industrielles performantes. De même, le lancement de la SOCA GB SA en Guinée-Bissau vise à accroître la valeur ajoutée locale de la filière cajou. En Côte d’Ivoire, la Banque renforce la filière cacao à travers un prêt de 15 milliards FCFA à la société Ivory Cocoa Products (ICP) SA pour l’acquisition de fèves, garantissant ainsi de meilleurs délais de paiement aux producteurs. Le projet transfrontalier « Wassoulou », doté de 29,7 milliards FCFA entre la Côte d’Ivoire, le Mali et la Guinée, envisage quant à lui de sécuriser les échanges et la production grâce à la création de barrages et l’aménagement de 800 hectares de périmètres irrigués.
Parallèlement à ces investissements productifs, la résilience climatique s’impose comme un pilier central de l’action de la Banque. Grâce à la mobilisation de 17 milliards FCFA sous forme de dons auprès du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), des projets d’envergure voient le jour au Bénin, au Burkina Faso et au Mali. Parmi eux, le Projet d’Adaptation Climatique et d’Agriculture Résiliente (PACAR) au Burkina Faso et le Projet Intégré d’Adaptation et de Résilience au Climat (PAREC) au Mali visent à restaurer des dizaines de milliers d’hectares de terres dégradées tout en promouvant des pratiques agricoles intelligentes face au climat. Au Togo, la phase 1 du Programme d’appui à la mécanisation agricole et à l’irrigation, financée à hauteur de 20 milliards FCFA, marque une volonté de moderniser les outils de production pour accroître la productivité et la sécurité alimentaire des populations à la base.
L’impact des interventions de la BOAD est déjà quantifiable : les projets financés ont permis une augmentation de 160 % de la production de riz et de 362 % de la production d’eau potable dans la région. Avec un résultat net bénéficiaire de 42,48 milliards FCFA en 2025 et une solidité financière réaffirmée par les agences de notation internationales, la BOAD se positionne non plus comme un simple bailleur, mais comme le partenaire stratégique de la continuité économique et de la transformation durable des territoires ruraux de l’Afrique de l’Ouest.
Anne Marie KOUADIO






