Le paysage agricole de l’Afrique de l’Ouest s’apprête à connaître une transformation majeure. En 2026, la Biélorussie prévoit d’expédier un lot massif de 7 500 machines agricoles à destination du Ghana et du Togo, marquant une étape importante dans la modernisation de leurs secteurs agricoles respectifs. Selon les déclarations du ministre biélorusse des Affaires étrangères, Maxim Ryzhenkov, cette initiative vise directement la mécanisation des fermes locales.
Environ 4 500 unités, incluant des tracteurs, des semoirs, des charrues et divers équipements seront livrés au Togo. Au Ghana, ce sont environ 3 000 unités, composées de tracteurs et d’outils aratoires essentiels qui sont attendus. L’approche biélorusse se veut celle d’un « véritable partenaire et ami ». Contrairement à de simples transactions commerciales, ces accords incluent la création de centres de maintenance et la mise en place de programmes de formation pour les techniciens et spécialistes locaux.
Au Ghana, ce projet s’inscrit dans la stratégie nationale de souveraineté alimentaire, notamment via l’initiative « Feed Ghana » (2025-2028). Le gouvernement prévoit d’inaugurer les 11 premiers centres de services agricoles intégrés en 2026, sur un total de 50 prévus, pour offrir aux agriculteurs un accès partagé aux machines modernes et aux intrants.
Cette coopération devrait s’intensifier avec la visite officielle du président Mahama à Minsk prévue en juin 2026. Outre la mécanisation, les deux pays explorent des pistes dans l’agro-industrie, notamment :
- la construction d’usines de transformation du cacao au Ghana ;
- l’augmentation des exportations biélorusses de produits laitiers (lait en poudre) et de viande vers le marché ghanéen ;
- le renforcement des échanges dans l’éducation, avec un intérêt accru du Ghana pour les spécialités médicales et agricoles en Biélorussie.
Pour le Togo, l’intérêt dépasse le cadre agricole. Minsk lorgne les capacités logistiques du port en eau profonde de Lomé, l’un des plus puissants d’Afrique de l’Ouest, pour en faire un hub de transport vers le reste de l’Afrique.
Avec ces accords, la Biélorussie consolide sa présence sur le continent africain en s’appuyant sur un modèle déjà éprouvé au Zimbabwe, privilégiant le transfert d’expertise et la création de lignes d’assemblage locales à long terme.
Anne Marie KOUADIO






