Le gouvernement burkinabè a officiellement lancé le processus d’élaboration de son troisième Rapport national volontaire (RNV) sur les Objectifs de Développement Durable (ODD), le vendredi 13 mars 2026. Plus qu’un simple exercice de redevabilité internationale, ce rapport se veut la boussole d’une nation déterminée à transformer ses défis structurels en opportunités de développement endogène.
Depuis l’adoption de l’Agenda 2030 en 2015, le Burkina Faso s’est inscrit dans une dynamique de suivi régulier de ses engagements. Après les rapports de 2019 et 2023, celui de 2026, qui sera présenté en juillet 2026 à New York, couvrira la période 2016-2025. Ce processus témoigne de la volonté de l’État d’évaluer l’impact réel des politiques publiques sur le quotidien des populations.
Ce rapport intervient à seulement cinq ans de l’échéance de 2030, dans un climat international marqué par des crises sécuritaires, économiques et climatiques. Au niveau mondial, seulement 35 % des cibles des ODD sont sur la bonne voie. Le déficit de financement pour les pays en développement dépasse désormais les 4 000 milliards de dollars par an. Pour le Burkina Faso, les ODD ne doivent plus être perçus comme un « agenda extérieur », mais comme un cadre adapté aux priorités nationales et à la vision souveraine du pays. Le leadership de l’État et la valorisation des capacités endogènes sont désormais au cœur de la stratégie.
L’enjeu majeur de ce 3ème RNV réside dans sa parfaite congruence avec les instruments nationaux de planification (tels que le plan RELANCE). Le gouvernement veille à ce que la mise en œuvre des ODD soit pleinement alignée sur quatre piliers essentiels : la transformation économique ; le renforcement de la cohésion sociale ; le développement du capital humain et la consolidation de la résilience des populations.
Le rapport se présente comme un instrument d’aide à la décision publique, visant à identifier les domaines nécessitant des efforts supplémentaires pour accélérer la réalisation des objectifs à l’horizon 2030. Le succès de cette évaluation repose sur une approche inclusive et participative. Un appel a été lancé aux départements ministériels, au secteur privé, à la société civile et aux centres de recherche pour s’impliquer dans ce processus.
L’objectif final est de produire un document « crédible, transparent et fidèle à la réalité nationale ». Il s’agit de porter la voix du Burkina Faso dans le débat international, en démontrant qu’au-delà du simple reporting, le pays s’engage vers un développement durable, inclusif et surtout souverain.
Par Sami KAM
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