Bobo-Dioulasso a accueilli, le samedi 21 février 2026, le lancement officiel de la campagne de commercialisation 2026 des filières mangue et anacarde. Sous le signe de la « souveraineté économique », le gouvernement burkinabè mise sur la transformation industrielle pour maximiser la valeur ajoutée de ces « joyaux » agricoles.
Les filières mangue et anacarde ne sont plus de simples secteurs d’exportation brute ; elles constituent désormais le socle d’une révolution économique et sociale. En 2023, la noix de cajou se classait au deuxième rang des produits agricoles d’exportation avec 72,4 milliards de FCFA de recettes, tandis que la mangue occupait la cinquième place avec 16,8 milliards de FCFA. Plus récemment, à la fin novembre 2025, les exportations d’anacarde ont enregistré une hausse spectaculaire de 133,5 % en un an, générant plus de 79,7 milliards de FCFA.
Pour cette nouvelle saison, le gouvernement a choisi la carte de la stabilité pour protéger les revenus des producteurs face aux fluctuations du marché régional. Le prix plancher bord champ de l’anacarde a été fixé à 385 FCFA le kilogramme, un niveau identique à celui de 2025. Quant à la mangue, son prix plancher est fixé à 95 FCFA le kilogramme.
Pour soutenir cette dynamique, des mesures concrètes ont été annoncées :
- la mise à disposition de 250 000 plants greffés subventionnés ;
- la réhabilitation de 345 hectares d’anciens vergers d’anacardiers ;
- un fonds de 3 milliards de FCFA sous forme de crédit de campagne pour faciliter l’approvisionnement des transformateurs.
Le grand paradoxe de la filière anacarde réside dans sa faible capacité de transformation : sur une production annuelle moyenne de 200 000 tonnes, seules 16 333 tonnes sont transformées localement. Pourtant, le secteur est un puissant levier d’inclusion sociale, employant déjà près de 9 580 travailleurs, dont plus de 92 % sont des femmes.
Afin de briser ce cycle d’exportation de matières premières brutes, des équipements d’une valeur de plus d’un milliard de FCFA ont été remis à 16 unités de transformation lors de la cérémonie. L’objectif est clair : accroître la compétitivité du « Made in Burkina » et générer des emplois décents.
Malgré ces perspectives prometteuses, des défis persistent, notamment la pression parasitaire des mouches des fruits et la faible productivité des vergers vieillissants. Le thème de la campagne, « Mangue et anacarde : deux filières stratégiques pour la transformation économique et le développement durable au Burkina Faso », souligne la volonté des acteurs de l’APROMAB et du CIAB de bâtir une économie rurale résiliente et écologique.
En misant sur la valorisation endogène et la protection de l’environnement via une lutte collective contre les parasites, le Burkina Faso entend faire de l’excellence de ses produits un levier de dignité pour son monde paysan.
Anne Marie KOUADIO






