Le Groupe de la Banque mondiale a officiellement approuvé, le 10 mars, un financement de 215,9 millions de dollars, soit environ 118,7 milliards FCFA, pour propulser le Projet d’appui à la transformation de l’agriculture. Ce programme d’envergure nationale vise non seulement à accroître la productivité, mais aussi à bâtir des chaînes de valeur résilientes dans un pays où l’agriculture est le moteur de la croissance.
Pour le Burkina Faso, l’économie nationale reste fortement dépendante de l’activité agricole, qui constitue le principal levier pour la réduction de la pauvreté et la création d’emplois en milieu rural. En ciblant spécifiquement les filières du riz et du maïs, le projet s’attaque à deux cultures stratégiques essentielles pour la consommation locale et le développement d’un tissu agro-industriel performant.
Le représentant résident de la Banque mondiale, Hamoud Abdel Wedoud Kamil, souligne que cette initiative est une réponse directe au besoin de croissance inclusive et durable. L’objectif est de passer d’une agriculture de subsistance à un véritable écosystème économique capable de sécuriser l’approvisionnement des populations.
Le projet ouvre la voie à une modernisation sans précédent grâce à plusieurs leviers. En effet, en s’appuyant sur des initiatives comme le projet Hydromet, qui a déjà permis la distribution de 9 700 pluviomètres paysans, les producteurs peuvent désormais optimiser leurs calendriers culturaux et limiter les pertes de semences. L’inclusion des jeunes et des femmes est un volet spécifique permettant l’insertion socio-économique et visant à créer des emplois durables en milieu rural. Le programme aspire à structurer un environnement capable d’attirer des investisseurs privés grâce à une meilleure connectivité aux marchés.
Il sera déployé dans quatre régions clés, sélectionnées pour leur fort potentiel agricole et la présence de chaînes de valeur déjà identifiées comme prioritaires. Cette approche territoriale permet de capitaliser sur les acquis du Projet de résilience et de compétitivité agricoles (PReCA) pour maximiser l’impact des investissements.
En injectant plus de 118 milliards FCFA, la Banque mondiale et le gouvernement burkinabè font bien plus qu’apporter une aide financière : ils posent les jalons d’une révolution agricole nécessaire pour stabiliser l’économie et offrir un avenir plus prospère aux communautés rurales.
Par Anne Marie KOUADIO






