
Alors que plus de 60 % de la population du continent dépend directement de l’agriculture pour ses revenus, la question n’est plus seulement de produire davantage, mais de produire mieux, durablement et de manière souveraine.
Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la diversité génétique des plantes cultivées constitue l’un des piliers de la résilience des systèmes alimentaires. Pourtant, à l’échelle mondiale, une poignée de cultures – maïs, riz, blé – domine l’alimentation, accentuant la vulnérabilité face aux ravageurs, aux maladies et aux aléas climatiques. En Afrique, où les effets du changement climatique sont particulièrement marqués, la valorisation des variétés locales, des semences paysannes et des espèces sous-utilisées représente un enjeu stratégique.
La sécurisation des ressources phytogénétiques, qu’elle soit assurée in situ dans les exploitations familiales ou ex situ dans les banques de gènes, doit s’accompagner d’investissements massifs dans la recherche, la formation des sélectionneurs et l’accès des producteurs à des semences certifiées et adaptées aux réalités agroécologiques locales. Le développement de chaînes de valeur inclusives, intégrant les femmes et les jeunes, est également essentiel pour renforcer l’attractivité du secteur.
Par ailleurs, la transition vers une agriculture durable impose la restauration des sols, une gestion rationnelle de l’eau et l’intégration de pratiques agroécologiques. L’enjeu est clair : bâtir des systèmes alimentaires résilients capables de garantir la sécurité nutritionnelle tout en préservant la biodiversité.
L’Afrique dispose d’atouts considérables – diversité biologique, savoir-faire paysan, potentiel foncier. La mobilisation coordonnée des États, du secteur privé, des organisations paysannes et des partenaires techniques sera déterminante pour transformer ces potentialités en moteur de développement durable et de souveraineté alimentaire.






