Le Burkina Faso engage une refondation profonde de son modèle de développement avec le nouveau Plan National de Développement (PND) 2026-2030, baptisé R.E.L.A.N.C.E.. Ce référentiel, qui succède au PNDES II, rompt avec les approches classiques pour imposer un État stratège et bâtisseur, moteur d’une économie au service de la souveraineté nationale. Ce plan innove dans les secteurs vitaux pour l’avenir du pays :
✅ Agro-sylvo-pastoral : levier de la souveraineté alimentaire
L’une des innovations majeures réside dans la volonté d’atteindre l’autosuffisance alimentaire par une transformation radicale du secteur primaire. Le plan s’appuie sur des accélérateurs tels que l’Offensive agropastorale et halieutique (OAPH) et l’Initiative présidentielle pour la production agricole (IPP3A).
L’objectif est ambitieux : porter le taux d’auto-approvisionnement pour des produits stratégiques comme le riz, le blé, le lait et le poisson de 33,9 % à 60 % d’ici 2030. Le plan innove également en promouvant l’entrepreneuriat communautaire pour financer des unités de transformation locale, réduisant ainsi la dépendance aux importations alimentaires.
✅ Environnement et climat : une transition verte assumée
Le Burkina Faso place la résilience climatique au cœur de sa stratégie. Le programme 3.5 vise une amélioration significative du cadre de vie en intégrant l’adaptation aux chocs. Parmi les cibles phares, le pays projette de porter la quantité de carbone séquestrée à 31,6 millions de tonnes et de récupérer 35 % des terres dégradées à l’horizon 2030.
L’innovation ici se manifeste par l’introduction de la finance verte (obligations vertes) et la gestion intégrée des ressources en eau via l’Initiative présidentielle pour la bataille de l’eau. L’État entend également mobiliser les savoirs locaux pour des modes de production durables.
✅ Acteurs du développement : redéfinition du rôle des ONGs et PPP
Le Plan R.E.L.A.N.C.E. redéfinit la collaboration avec les acteurs non étatiques.
- ONG et partenaires : l’accent est mis sur un alignement strict des interventions des ONGs et partenaires sur les priorités nationales définies par le PND. L’approche programme est privilégiée pour éviter la fragmentation des projets et renforcer le leadership national.
- Partenariats Public-Privé (PPP) : Le secteur privé est considéré comme un partenaire stratégique pour le financement d’infrastructures structurantes. Toutefois, l’innovation réside dans l’exigence que ces PPP préservent systématiquement les intérêts supérieurs de la Nation.
✅ Innovations structurelles : développement endogène et actionnariat populaire
Le plan national de développement 2026-2030 introduit des mécanismes financiers de rupture :
- l’actionnariat populaire : ce dispositif vise à mobiliser l’épargne citoyenne pour financer des projets d’intérêt national, prévoyant de couvrir 5 % des besoins de financement additionnels.
- la maîtrise d’œuvre communautaire : à travers les Comités de veille et de développement (COVED), les populations à la base sont désormais actrices directes de l’identification et de l’exécution des projets locaux.
✅ Un Plan résolument aligné sur les ODD
Le plan R.E.L.A.N.C.E. ne se contente pas d’objectifs internes ; il assure une cohérence forte avec les Objectifs de développement durable (ODD) de l’Agenda 2030.
- ODD 2 (Faim zéro) : soutenu par l’EA 4.1.1 sur la productivité agricole.
- ODD 8 (Travail décent et croissance) : aligné sur la transformation industrielle et l’artisanat (EA 4.3.1).
- ODD 13 (Mesures relatives au climat) : intégré via la résilience climatique et la gouvernance environnementale (EA 3.5.5).
En somme, le Plan R.E.L.A.N.C.E. 2026-2030 se présente comme une stratégie de développement endogène qui place la dignité nationale et l’engagement patriotique comme moteurs du progrès socio-économique du Burkina Faso. Sa réussite dépendra de la capacité à maintenir la sécurité et à mobiliser efficacement les ressources internes promises.
Sami KAM






