Dans un contexte régional marqué par la recherche de stabilité pour les producteurs de l’« or gris », le Togo vient de donner le coup d’envoi de sa 10ème campagne de commercialisation de la noix de cajou. Si l’heure est à la mobilisation des acteurs, le prix fixé de 350 F CFA le kilogramme interroge, alors que le Burkina Faso maintient un cap plus protecteur pour ses braves paysans.
C’est sous le thème de la « Réglementation de la filière anacarde au Togo : rôles et responsabilités des parties prenantes » que les autorités togolaises ont officiellement lancé, ce jeudi 26 février 2026, la nouvelle saison commerciale. Cette étape marque le début des opérations de collecte, d’achat et d’exportation pour l’année en cours.
La nouvelle majeure de ce lancement est la fixation du prix plancher bord champ à 350 F CFA le kilogramme. Il s’agit d’une baisse significative de 75 F CFA par rapport aux 425 F CFA de l’année précédente. Pour justifier ce choix, Mawuko Komlan Gozan, président du Conseil Interprofessionnel de la filière anacarde du Togo (CIFAT), explique que ce prix a été calculé sur la base des comptes d’exploitation pour s’assurer que le producteur ne travaille pas à perte. Toutefois, ce tarif place le Togo en queue de peloton dans la sous-région derrière la Côte d’Ivoire (400 F CFA/kg) ; le Burkina Faso (385 F CFA/kg) et le Bénin (385 F CFA/kg).
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Malgré ce prix bord champ en retrait, le Togo affiche une volonté ferme de booster sa transformation locale. Une mesure spécifique fixe un prix de livraison aux unités de transformation togolaises à 400 F CFA/kg (TTC), pour un volume plafonné à 8 125 tonnes. L’objectif est de mobiliser 45 000 tonnes de noix brutes au total pour cette campagne, avec un taux de transformation réelle ciblant 30 % de la capacité des usines installées.
Robert ADJOVI






