La campagne agropastorale 2026 évoluait de manière contrastée à la mi-juillet en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Si les pluies ont favorisé une amélioration progressive des ressources en eau et des conditions pastorales, plusieurs zones affichaient encore des déficits pluviométriques et un retard dans le développement de la végétation. Selon le briefing décadaire du Centre régional AGRHYMET CCR-AOS, consacré à la situation agrohydropastorale de la deuxième décade de juillet 2026, les cumuls de pluie ont généralement varié entre 25 et 250 mm sur la majeure partie de la région. Les quantités les plus importantes, comprises entre 100 et 200 mm, ont notamment été enregistrées en Gambie, en Guinée-Bissau, au Mali, au Niger, au Togo et au Tchad.
La situation reste toutefois contrastée. Par rapport à la moyenne 1991-2020, les précipitations observées au 20 juillet étaient globalement proches de la normale ou déficitaires dans une grande partie des pays suivis. Les déficits les plus marqués concernaient notamment le sud du Mali, le centre du Niger, le centre-sud du Tchad et le littoral togolais. Les zones côtières de Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin ont, quant à elles, connu une deuxième décade consécutive quasiment sans pluie. Du côté des ressources en eau, AGRHYMET décrit une situation hydrologique encore globalement calme. Les écoulements augmentaient progressivement sur plusieurs cours d’eau avec l’installation de la saison des pluies, sans risque hydrologique majeur à l’échelle régionale à cette période. Au Burkina Faso, la plupart des barrages suivis présentaient cependant des niveaux de remplissage inférieurs à ceux observés à la même période en 2025.
La situation pastorale appelle également à la vigilance. À la deuxième décade de juillet, le front de végétation avait atteint la limite nord de la zone pastorale dans une grande partie de la région. Mais des anomalies négatives étaient encore signalées dans le nord du Sénégal, le centre-est du Mali et du Niger ainsi que le centre-ouest du Tchad. Globalement, le développement de la végétation restait inférieur à celui de 2025 et à la moyenne des cinq dernières années. Les pluies récentes ont néanmoins amélioré l’accès à l’eau pour le bétail, permettant une dispersion progressive des troupeaux auparavant concentrés autour des points d’eau. AGRHYMET relève en parallèle que l’insécurité continue de limiter fortement la mobilité pastorale et l’accès des éleveurs aux ressources nécessaires aux animaux.
Sur le plan phytosanitaire, la situation acridienne demeurait relativement calme dans le Sahel, après une forte résurgence en Afrique du Nord. Le Centre recommandait cependant le démarrage des opérations de prospection dans les pays sahéliens exposés afin de détecter rapidement d’éventuelles reproductions estivales de criquets pèlerins. Pour la décade suivante, AGRHYMET anticipait le maintien d’une mousson ouest-africaine active, avec des précipitations modérées à fortes notamment sur le sud du Mali, le Burkina Faso, le Niger, le nord du Nigeria, le Tchad et les pays du Golfe de Guinée. Des épisodes localisés de très fortes pluies pouvaient toutefois accroître les risques d’inondation, de ruissellement et de débordement des cours d’eau.
Ces conditions étaient jugées globalement favorables au développement des cultures, à la régénération des pâturages et à la recharge des ressources en eau. Elles nécessitaient néanmoins une surveillance accrue des zones exposées aux inondations et un suivi rapproché de l’évolution de la végétation et des ressources pastorales.
Télécharger : le briefing du 3 août 2026 de AGRHYMET






