Dans la zone de Jimma, en Éthiopie, des petits producteurs expérimentent des pratiques agricoles destinées à restaurer les sols tout en améliorant leurs rendements. Soutenu par le Groupe de la Banque africaine de développement et le Japon, le projet mise sur l’agriculture régénératrice, les technologies numériques et un meilleur accompagnement des exploitants pour renforcer la résilience des systèmes de production face au changement climatique.
Selon une publication de la Banque africaine de développement datée du 6 août 2026, l’initiative est financée à travers le Policy and Human Resource Development Grant, un fonds fiduciaire bilatéral alimenté par le Japon et administré par la Banque. Le projet est mis en œuvre en Éthiopie par la Sasakawa Africa Association, avec l’appui notamment de l’Institut international d’agriculture tropicale et de partenaires technologiques japonais.
Sur les parcelles de démonstration de Seka Chekorsa, les agriculteurs associent des variétés améliorées de maïs et de blé à plusieurs techniques de restauration des sols. Le dispositif comprend notamment l’utilisation de vermicompost et d’engrais à base de biochar, le chaulage des terres acides ainsi qu’une réduction du travail du sol. Des outils numériques sont également mobilisés pour améliorer les décisions liées à la conduite des cultures. Les premiers résultats présentés par la Banque font état d’importants gains de productivité. Le rendement du blé a progressé de 89 % pour atteindre 2 443,7 kilogrammes par hectare. Celui du maïs a enregistré une hausse de 272 %, à 4 541,8 kilogrammes par hectare.
Le programme a touché plus de 91 000 agriculteurs en Éthiopie, dont près de 30 000 femmes, selon la BAD. L’objectif est d’apporter aux producteurs des solutions capables de répondre à plusieurs contraintes qui affectent leurs exploitations, notamment la baisse de fertilité des sols, leur acidification, les pénuries d’intrants, les sécheresses, les inondations et les ravageurs. L’innovation numérique occupe une place particulière dans le dispositif. Le projet utilise notamment e-kakashi, une technologie agricole fondée sur l’intelligence artificielle. L’outil collecte et analyse des données sur les parcelles et leur environnement afin d’aider les producteurs et les agents de vulgarisation à mieux piloter les cultures.
Pour la Banque africaine de développement, l’intérêt du projet réside aussi dans la production de données permettant de mesurer les effets réels des pratiques agricoles expérimentées. Les résultats observés sur les rendements, la qualité des sols et les émissions doivent aider à identifier les techniques les plus efficaces avant d’envisager leur déploiement à plus grande échelle. Le modèle expérimenté à Jimma cherche ainsi à concilier augmentation de la production et restauration des ressources naturelles. Pour les petites exploitations africaines, l’enjeu sera de déterminer si ces pratiques peuvent être reproduites à grande échelle, à des coûts accessibles, tout en maintenant les gains de productivité observés sur les parcelles pilotes.
Gilbert BAZIE






