Le Burkina Faso renforce ses capacités de production agricole irriguée avec la mise en eau du périmètre de Niéguéma-Toukoro. Située dans la commune de Bama, dans la région du Guiriko, cette infrastructure de 605 hectares a été officiellement mise en service le 2 août 2026 par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Alimenté par les eaux du barrage de Samendéni, le périmètre doit permettre aux producteurs de développer des cultures tout au long de l’année et de réduire leur dépendance aux précipitations. Du riz, du blé et des produits maraîchers pourront notamment y être cultivés au cours de trois campagnes agricoles annuelles, selon le ministère chargé de l’Agriculture.
La réalisation de l’ouvrage représente un investissement de 9,88 milliards de FCFA, entièrement financé sur les ressources propres de l’État burkinabè. Le projet avait connu une longue interruption après l’arrêt des travaux en 2018, empêchant les populations bénéficiaires d’exploiter pleinement le potentiel agricole de la zone. La relance du chantier s’inscrit dans la reprise des aménagements hydroagricoles restés inachevés. Niéguéma-Toukoro fait partie des premiers périmètres développés autour du barrage de Samendéni, aux côtés de Séguéré, dont 180 hectares sont déjà exploités, et de Bossora, où des travaux portant sur 720 hectares sont en cours. La réhabilitation du périmètre de Bama, d’une superficie de 1 260 hectares, est également engagée.
Le nouveau site dispose d’une station de pompage pouvant fournir 1 560 litres d’eau par seconde. Elle comprend quatre pompes de 520 litres par seconde, dont trois peuvent fonctionner simultanément, ainsi que deux groupes électrogènes de secours d’une puissance de 600 kilovoltampères chacun. Le réseau hydraulique est constitué de plus de 45 kilomètres de canaux d’irrigation et de 26 kilomètres de dispositifs de drainage. Des digues de protection, une station mobile équipée de huit motopompes et plus de 36 kilomètres de pistes agricoles ont également été réalisés. À ces équipements s’ajoutent un magasin d’une capacité de 250 tonnes et une route d’accès de 20,8 kilomètres reliant Bama à Niéguéma.

Au-delà de l’augmentation attendue des volumes agricoles, l’aménagement pourrait soutenir plusieurs activités autour de la production, notamment le stockage, la transformation, le transport et la commercialisation. Son exploitation doit aussi favoriser la création d’emplois et l’amélioration des revenus, particulièrement pour les jeunes et les femmes engagés dans les filières rizicole et maraîchère. La gestion de l’eau, l’encadrement des exploitants et le suivi des infrastructures seront assurés par l’Agropole de Samendéni, en collaboration avec les services régionaux de l’agriculture. Les producteurs ont été appelés à préserver les canaux, les équipements de pompage et les autres ouvrages afin de garantir la durabilité de l’investissement. À terme, les autorités ambitionnent d’aménager 21 000 hectares de terres irrigables autour du barrage de Samendéni et de faire de la zone un important bassin de production et de transformation agricoles.
Le défi réside dans l’exploitation effective des 605 hectares, l’accès régulier des producteurs aux intrants et la mise en place de circuits de commercialisation capables d’absorber les récoltes. La performance du périmètre dépendra autant de la disponibilité de l’eau que de la qualité de sa gestion, de l’accompagnement technique des exploitants et de l’entretien durable des équipements.
Anne Marie KOUADIO
Source : DCRP/MAERAH






