Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a approuvé un financement de 13,46 millions de dollars en faveur de la Facilité pour la mobilité verte en Afrique, une initiative pilotée par la Banque africaine de développement. L’objectif est de favoriser le déploiement à grande échelle de solutions de transport propres sur le continent. L’enveloppe comprend un prêt concessionnel de 12,46 millions de dollars et un don d’un million de dollars destiné à l’assistance technique. Elle servira notamment à réduire les risques financiers qui freinent les investissements dans la mobilité électrique et à améliorer la viabilité des projets proposés aux partenaires publics et privés.
La Facilité devrait soutenir les autobus, motos et tricycles électriques, les stations d’échange de batteries ainsi que les infrastructures de recharge alimentées par des énergies renouvelables. Elle prévoit également d’accompagner la fabrication de véhicules électriques et la préparation technique de projets susceptibles d’attirer des financements complémentaires. À travers cette initiative, la Banque africaine de développement entend mobiliser au moins 169 millions de dollars d’investissements additionnels. Ces ressources devraient provenir de ses propres guichets et de partenaires engagés dans le financement climatique, l’énergie durable et le développement du secteur privé.
Le programme intervient alors que l’urbanisation rapide accroît les besoins de déplacement dans les villes africaines. Le développement de transports moins polluants apparaît ainsi comme une réponse aux émissions de gaz à effet de serre, à la dégradation de la qualité de l’air et à la forte dépendance aux carburants importés. L’essor de la mobilité électrique reste cependant limité par le coût des équipements, l’insuffisance des infrastructures de recharge et les difficultés d’accès aux financements de long terme. La Facilité veut lever une partie de ces obstacles en combinant assistance technique, financements concessionnels et mécanismes de partage des risques.
Au-delà de la transition énergétique, cette dynamique pourrait favoriser l’émergence d’une filière industrielle africaine autour de l’assemblage des véhicules, de la fabrication de composants, de la maintenance, du stockage d’énergie et des services de recharge. Sa réussite dépendra toutefois de la capacité des États à mettre en place des politiques adaptées, à sécuriser l’approvisionnement en électricité et à préparer des projets suffisamment solides pour attirer durablement les investisseurs.
Anne Marie KOUADIO






