Catastrophes naturelles : le PACAN protège les budgets des États de l’UEMOA

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Lorsqu’une catastrophe naturelle survient, les États doivent simultanément secourir les populations, réparer les infrastructures et continuer d’honorer leurs engagements financiers. Pour desserrer cette contrainte budgétaire, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) expérimente un mécanisme qui associe financement concessionnel et assurance paramétrique : le Programme des prêts adaptés aux catastrophes naturelles, plus connu sous le sigle PACAN.

Lancé en août 2024, le programme a fait l’objet d’un roadshow le 11 février 2025 au siège de la BOAD à Lomé. Cette rencontre a réuni des représentants des pouvoirs publics, des bailleurs de fonds, des autorités locales et les partenaires chargés de sa mise en œuvre. Le PACAN est destiné à aider les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine à faire face aux dépenses urgentes provoquées par des catastrophes naturelles ou sanitaires, sans compromettre leurs investissements de développement. Le mécanisme repose sur une approche particulière. Contrairement à une assurance classique qui verse directement une indemnité à l’État assuré, le PACAN peut prendre en charge certaines échéances de remboursement dues à la BOAD lorsqu’un événement couvert atteint les paramètres préalablement définis. Les ressources publiques initialement prévues pour le service de la dette peuvent alors être réorientées vers l’assistance aux populations, les abris d’urgence, les produits de première nécessité, la reconstruction ou d’autres interventions prioritaires.

La phase initiale du PACAN a concerné quatre pays pilotes : le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Togo. Le programme est financé par deux dons de la Banque allemande de développement KfW, agissant pour le compte du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement. Leur montant cumulé atteint 10 millions d’euros, soit environ 6,56 milliards de FCFA. Ces ressources ont notamment servi à développer le produit d’assurance et à subventionner les primes pendant la phase pilote.

Le dispositif a connu son premier déclenchement en décembre 2024, après les fortes pluies et les inondations enregistrées au Togo en octobre de la même année. Le mécanisme a permis de couvrir 6,624 millions d’euros, soit environ 4,345 milliards de FCFA, correspondant à deux échéances de prêts accordés au pays par la BOAD pour des projets liés à l’adaptation climatique. Au-delà des quatre pays pilotes, la BOAD présente le PACAN comme un mécanisme susceptible de bénéficier aux huit États de l’UEMOA et d’être adapté à d’autres régions africaines. Son extension dépendra toutefois des résultats de la phase initiale, de la disponibilité des financements et de la capacité des partenaires à proposer une couverture répondant aux risques propres à chaque pays.

Dans une région où les économies, les systèmes alimentaires et les moyens d’existence restent fortement exposés aux aléas climatiques, le PACAN ouvre une nouvelle voie dans la gestion des crises. Il ne remplace ni les politiques de prévention ni les investissements dans l’adaptation, mais cherche à empêcher qu’une catastrophe ne se transforme en crise budgétaire durable. Pour les pays de l’UEMOA, l’innovation consiste ainsi à intégrer le risque climatique dès la conception des prêts, afin de préserver les ressources indispensables au secours des populations et à la poursuite du développement.

Alpha BARRO

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