Burkina Faso–Ghana : les échanges commerciaux dépassent 13 milliards de cedis, mais restent largement favorables à Accra

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Les échanges de marchandises entre le Burkina Faso et le Ghana ont atteint 13,16 milliards de cedis en 2025. Accra a exporté pour 11,82 milliards de cedis vers le marché burkinabè, contre seulement 1,35 milliard de cedis de produits achetés au Burkina Faso. Le Ghana dégage ainsi un excédent bilatéral de 10,47 milliards de cedis, selon le rapport annuel sur le commerce international de marchandises du Ghana Statistical Service, daté de juillet 2026.

Le Burkina Faso constitue un débouché majeur pour les entreprises ghanéennes. Il s’est classé en 2025 au deuxième rang des destinations africaines des exportations du Ghana, derrière l’Afrique du Sud et devant la Côte d’Ivoire et le Togo. Parmi les trois pays partageant une frontière terrestre avec le Ghana, il a également enregistré la plus forte valeur d’exportations ghanéennes.

Les ventes du Ghana au Burkina Faso sont principalement composées de produits manufacturés. Les articles ménagers et de toilette en plastique arrivent largement en tête avec 3,78 milliards de cedis, soit 32 % des exportations. Les produits en fer ou en acier occupent la deuxième position avec 1,86 milliard de cedis et une part de 15,7 %. À eux seuls, ces deux groupes représentent près de la moitié des marchandises ghanéennes expédiées vers le Burkina Faso.

Les plaques, feuilles, films et bandes imprimés en polymères de propylène ont généré 897,3 millions de cedis, soit 7,6 % des ventes. Ils sont suivis des produits soudés de section carrée ou rectangulaire, évalués à 367,9 millions de cedis, et des engrais minéraux ou chimiques contenant de l’azote, du phosphore et du potassium, estimés à 366,2 millions. Les cinq premiers produits concentrent ainsi 61,5 % des exportations ghanéennes vers le Burkina Faso.

Dans l’autre sens, les exportations burkinabè vers le Ghana reposent essentiellement sur les filières agricoles. Les mangues dominent avec 743 millions de cedis, représentant 55,1 % des achats ghanéens en provenance du Burkina Faso. L’huile raffinée de karité arrive en deuxième position avec 275,2 millions de cedis, soit 20,4 % du total.

Le Ghana a également importé du Burkina Faso pour 98,7 millions de cedis de déchets et débris de piles ou de batteries, 54,5 millions de cedis de noix de karité et 41,5 millions de cedis de déchets et débris d’aluminium. Les mangues, l’huile raffinée de karité et les noix de karité cumulent 79,5 % des exportations burkinabè enregistrées par les services douaniers ghanéens. Cette concentration souligne le poids stratégique de la mangue et du karité dans l’accès du Burkina Faso au marché ghanéen.

Les données révèlent deux profils commerciaux distincts. Le Ghana approvisionne principalement son voisin en produits plastiques, métallurgiques et en intrants agricoles, tandis que le Burkina Faso lui fournit surtout des produits agricoles et des matières destinées à la transformation. Pour réduire l’écart, le renforcement de la transformation locale de la mangue et du karité apparaît comme un enjeu important pour les entreprises burkinabè désireuses de mieux valoriser leurs produits sur le marché ghanéen.

Les statistiques utilisées par le Ghana Statistical Service proviennent du système douanier intégré de la Ghana Revenue Authority. Dans le rapport, les exportations sont évaluées selon la méthode franco à bord, tandis que les importations intègrent le coût des marchandises, du transport et de l’assurance.

Robert ADJOVI

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