Dans un contexte de développement des PME agroalimentaires au Burkina Faso, la protection des noms commerciaux devient un levier essentiel de compétitivité. C’est autour de cette problématique que la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso (MEBF) et le Centre national de la propriété industrielle (CNPI) ont réuni, le 23 juillet 2026 à Ouagadougou, des acteurs de l’écosystème entrepreneurial afin de réfléchir aux mécanismes de sécurisation des identités commerciales.
Pour les entreprises de l’agrobusiness, qu’il s’agisse de transformateurs de céréales, de producteurs de jus, d’unités de transformation du karité, de miel ou de produits horticoles, le nom commercial constitue bien plus qu’une simple dénomination. Il représente une marque de confiance, un facteur de différenciation sur un marché de plus en plus concurrentiel et un actif immatériel capable de créer de la valeur. Lorsqu’il n’est pas protégé, il peut être usurpé ou imité, avec des conséquences directes sur la réputation de l’entreprise, la fidélité de la clientèle et les investissements réalisés dans la promotion des produits.
Les échanges ont rappelé que l’enregistrement d’un nom commercial auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) garantit un droit exclusif d’utilisation. Pour les entrepreneurs qui ambitionnent d’étendre leurs activités au-delà des frontières nationales, cette protection constitue également un atout pour sécuriser leurs investissements, développer des partenariats commerciaux et accéder plus facilement aux marchés régionaux.
Les participants ont également souligné la complémentarité entre l’immatriculation au Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM), qui permet la création de l’entreprise, et l’enregistrement auprès de l’OAPI, qui protège durablement son identité commerciale. Une meilleure articulation entre ces deux dispositifs contribuerait à limiter les conflits liés aux dénominations sociales et à renforcer la sécurité juridique des opérateurs économiques. Pour les PME agroalimentaires, l’enjeu dépasse la seule protection juridique. Un nom commercial sécurisé facilite les démarches de certification, l’obtention de labels de qualité, la conclusion de contrats avec les grandes surfaces, les acheteurs institutionnels ou les exportateurs. Il renforce également la crédibilité des entreprises auprès des banques, des investisseurs et des partenaires techniques et financiers.
À l’issue des travaux, la MEBF et le CNPI ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur collaboration avec l’OAPI afin de promouvoir une culture de la propriété industrielle au Burkina Faso. À terme, cette dynamique pourrait contribuer à structurer davantage les filières de l’agrobusiness, protéger les innovations des entrepreneurs et améliorer la compétitivité des produits burkinabè sur les marchés nationaux et régionaux.
Ahoua KIENDREBEOGO






