Après plus d’une décennie de mise en œuvre du Programme d’investissement forestier (PIF), le Burkina Faso se distingue comme l’une des expériences les plus abouties en matière de restauration des paysages, de lutte contre le changement climatique et d’amélioration des conditions de vie des populations. Réunis à Abidjan pour l’atelier de clôture du Plan d’investissement régional du PIF pour l’Afrique de l’Ouest qui s’est tenu en juin 2026. Les acteurs du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Ghana ont dressé un bilan qui place l’expérience burkinabè parmi les références du continent.
Pendant trois jours, les représentants du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Ghana ont évalué plus de dix années d’investissements destinés à restaurer les paysages forestiers, renforcer la résilience climatique et améliorer durablement les moyens de subsistance des communautés.
Si les trois pays ont présenté des résultats encourageants, le Burkina Faso a particulièrement retenu l’attention. Seul pays sahélien engagé dans ce programme régional, il a démontré que la lutte contre la dégradation des terres et les effets du changement climatique peut produire des bénéfices directs pour les populations lorsqu’elle s’appuie sur une forte implication des communautés.
En effet, grâce au Projet de gestion participative des forêts classées dans le cadre du programme REDD+ et au Projet d’atténuation du changement climatique et de réduction de la pauvreté à travers le développement du secteur de l’anacarde, le Burkina Faso présente des résultats significatifs. En un peu plus d’une décennie, 3 027 hectares ont été reboisés, tandis que 94 013 hectares de forêts sont désormais placés sous gestion durable. Les pratiques améliorées de gestion des terres concernent 50 645 hectares, contribuant à restaurer des écosystèmes dégradés.
Ces résultats ont permis d’impacter plus de 380 000 personnes. Leurs moyens de subsistance se sont améliorés grâce aux activités développées dans le cadre du programme. Les investissements ont favorisé le développement de chaînes de valeur agricoles durables, plus précisément dans la filière anacarde, tout en encourageant l’utilisation de solutions énergétiques plus propres. 4 282 ménages utilisent aujourd’hui des foyers améliorés, réduisant la pression sur les ressources forestières et les dépenses liées au bois-énergie. Sur le plan environnemental, les projets ont permis de réduire ou d’éviter plus de 6,5 millions de tonnes d’équivalent CO₂ , faisant du Burkina Faso l’un des principaux contributeurs aux résultats climatiques du programme dans la région.

Mais au-delà des chiffres, l’expérience burkinabè a surtout montré que la restauration des forêts ne peut être durable que lorsqu’elle améliore concrètement la vie des populations. En associant protection des ressources naturelles, agriculture durable, création de revenus et accès à des technologies.
Par ailleurs, les échanges d’Abidjan ont démontré que l’expérience du Burkina Faso constitue aujourd’hui une référence pour les autres pays confrontés à la dégradation des terres, en particulier dans le Sahel. Les responsables des Fonds d’investissement climatique ont souligné que le Burkina Faso illustre parfaitement les réponses que les pays sahéliens peuvent apporter face aux défis conjugués de la désertification, du changement climatique et de la pauvreté rurale.
Le Ghana et la Côte d’Ivoire ont également présenté des résultats encourageants, venant compléter cette dynamique régionale. Au Ghana, les investissements ont permis de restaurer des milliers d’hectares de réserves forestières, de développer l’agroforesterie climato-intelligente et de créer plus de 2 700 emplois verts grâce à une forte implication des communautés et du secteur privé.
En Côte d’Ivoire, le Programme d’investissement forestier soutient la mise en œuvre de la politique nationale forestière, avec des investissements importants destinés à restaurer les paysages dégradés, accompagner la transition vers une agriculture durable et réduire durablement la déforestation liée à la culture du cacao.
Au terme de cette décennie d’investissements, les trois pays ont contribué à réduire, éviter ou séquestrer plus de 27 millions de tonnes d’équivalent CO₂. Mais au-delà de cette performance régionale, le Burkina Faso apparaît comme l’une des expériences les plus abouties.
Ahoua KIENDREBEOGO






