À compter du 1er septembre 2026, date d’ouverture de la campagne principale 2026-2027, la carte du producteur sera exigée pour toute opération d’achat et de vente de café ou de cacao en Côte d’Ivoire. L’annonce a été faite le 12 juin à Abidjan par le directeur général du Conseil du Café-Cacao, Koné Brahima Yves, lors du lancement officiel du Système national de traçabilité (SNT), un dispositif destiné à renforcer la transparence de la chaîne de valeur et à répondre aux nouvelles exigences du commerce international.
Cette réforme intervient à quelques mois de l’entrée en vigueur du règlement de l’Union européenne sur la lutte contre la déforestation, prévue le 1er janvier 2027. Ce texte impose aux pays exportateurs de prouver que leurs productions agricoles, notamment le cacao et le café, ne sont pas issues de zones déforestées et peuvent être tracées de la plantation jusqu’au consommateur.
Au-delà de la traçabilité, la carte du producteur offre plusieurs avantages aux planteurs. Elle contribue à la sécurisation des paiements, au respect du prix bord champ garanti par l’État et facilite l’accès à la Couverture maladie universelle (CMU), dont les bénéficiaires profitent d’une prise en charge sanitaire intégrale. Les producteurs non encore enregistrés sont ainsi invités à se rapprocher des délégations régionales du Conseil du Café-Cacao afin d’obtenir leur carte avant l’entrée en vigueur de la mesure.
Cette avancée est l’aboutissement d’un vaste chantier lancé depuis 2019. Le Conseil du Café-Cacao a mené un important recensement des producteurs et une opération nationale de géolocalisation des plantations afin de bâtir une base de données fiable et un système de traçabilité performant.
Ainsi, plus d’un million de producteurs recensés, près de 900 000 cartes distribuées et environ trois millions d’hectares de plantations géolocalisés. Entre octobre 2025 et mars 2026, plus de 160 000 tonnes de cacao ont déjà été suivies à travers le SNT, depuis les exploitations agricoles jusqu’à leur exportation.
Salué par les producteurs, les coopératives, les transformateurs et les exportateurs, ce dispositif marque une étape décisive dans la modernisation de la filière. Il conforte la volonté de la Côte d’Ivoire de maintenir son leadership mondial tout en répondant aux nouvelles exigences de durabilité et de traçabilité des marchés internationaux.
Robert ADJOVI






