Dans un rapport publié ce 12 juin 2026, par la Banque Africaine de Développement (BAD), il a été dressé le bilan sur le Projet d’eau potable et d’Assainissement en milieu rural (PEPA-MR). Déployé dans les régions du Centre-Ouest et du Centre-Sud devenu le Nando et le Nazinon, ce programme a affiché des résultats physiques encourageant, malgré un parcours semé d’embûches administratives.
En 2018, le taux d’accès à l’assainissement en milieu rural plafonnait à seulement 14,7 % dans le Centre-Ouest et a 10 % dans le Centre-Sud. Quant à l’eau potable, si le Centre-Sud affichait 85 % d’accès, le Centre-Ouest oscillait autour de 70 %. Face au défi d’amélioration, le PEPA-MR a été conçu comme une réponse directe pour s’aligner sur les priorités nationales de développement et l’objectif du « Top 5 » de la BAD qui indique d’améliorer durablement les conditions de vie des populations africaines.
Financé à hauteur de plus de 12,4 millions d’Unités de Compte (UAC) par le Groupe de la Banque, le fonds RWSSI, le gouvernement et les bénéficiaires, le projet a fait preuve d’une efficience budgétaire remarquable. Grâce à une optimisation rigoureuse des ressources, de nombreuses cibles physiques initiales ont été largement dépassées : 17 systèmes d’Adduction d’eau potable simplifiés (AEPS) ont été mis en service, contre 15 initialement prévus. 150 bornes-fontaines (pour une cible de 105) et 1 060 branchements particuliers (pour une cible de 750) ont été implantés, témoignant d’une forte demande des villageois pour des services modernisés. 188 forages équipés de pompes à motricité humaine (PMH) ainsi que 33 forages à gros débit ont été achevés. 10 262 latrines familiales et 52 blocs de latrines publiques et institutionnelles ont été construits pour endiguer le péril fécal. Par ailleurs, plus de 1,2 million de personnes ont été sensibilisées à la protection de la qualité de l’eau et plus de 1,3 million aux bonnes pratiques d’hygiène et de nutrition, par le biais de campagnes de proximité et de diffusion de spots sur six radios locales.
Le projet s’est distingué par une intégration exemplaire de la dimension genre. Les corvées d’eau, qui pesaient traditionnellement sur les femmes et les enfants, ont été drastiquement réduites. De plus, le projet a misé sur le transfert de compétences locales. 528 acteurs communaux (dont des maçons, plombiers et artisans réparateurs) ont été formés aux métiers de l’eau. 23 jeunes stagiaires, dont 52 % de filles, ont été intégrés aux bureaux d’études techniques, et plusieurs d’entre eux ont déjà décroché un emploi stable à l’issue de leur stage.
Pour que ces investissements ne tombent pas en ruine, la viabilité financière a été placée au cœur de la stratégie d’achèvement. La gestion des systèmes AEPS a été progressivement confiée à l’ONEA pour bénéficier d’un système de péréquation financière. Sur le terrain, la pérennité reposera sur la vente de l’eau aux bornes-fontaines, le paiement des abonnements privés et l’implication des communes et des brigades locales d’artisans réparateurs formés par le projet.
Ahoua KIENDREBEOGO






