Perspectives céréalières 2025-2034 : un bond d’environ 55% d’ici 2034 des importations nettes d’aliments en Afrique subsaharienne

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Le paysage céréalier mondial s’apprête à connaître des mutations profondes au cours de la prochaine décennie, avec une production mondiale qui devrait atteindre 3,2 milliards de tonnes d’ici 2034. Cette croissance de 1,1 % par an sera principalement portée par l’amélioration des rendements plutôt que par l’extension des surfaces cultivées. Dans ce contexte, l’Afrique subsaharienne, et particulièrement l’Afrique de l’Ouest, se distingue par une dynamique démographique exceptionnelle, avec une croissance de la population de 2,3 % par an, soit la plus soutenue au monde.

La dépendance aux importations demeure un défi structurel malgré une hausse attendue de la production locale, la demande régionale, stimulée par l’urbanisation et la croissance des revenus, dépassera les capacités d’offre nationales. Les importations nettes d’aliments de base pour l’Afrique subsaharienne devraient bondir de 55 % d’ici 2034. Actuellement, les importations représentent déjà plus d’un tiers de la consommation intérieure totale de céréales sur le continent africain. Cette situation souligne le rôle crucial de la coopération multilatérale et d’un système commercial fondé sur des règles pour garantir la sécurité alimentaire de la région.

Le riz et le maïs constituent des piliers de la consommation régionale. En effet, le riz est un aliment de base dont la consommation par habitant en Afrique devrait croître de 0,95 % par an pour atteindre 27,7 kg en 2034. Cette progression est l’une des plus fortes au monde, alors que d’autres régions comme l’Amérique latine voient leur consommation de riz reculer. Parallèlement, le maïs blanc reste une composante essentielle du régime alimentaire ouest-africain, fournissant environ un quart de l’apport calorique total. La consommation humaine de maïs en Afrique devrait ainsi progresser de 2,8 % par an au cours de la période de projection.

Pour répondre à ces besoins, la production de céréales en Afrique devrait croître de 2,3 % par an grâce à une modernisation des pratiques agricoles. L’Afrique de l’Ouest se positionne comme un contributeur majeur pour les « autres céréales secondaires » (comme le millet et le sorgho), représentant une part importante de la hausse mondiale de production. Le Nigéria, par exemple, devrait augmenter sa production de ces céréales de 2,7 millions de tonnes d’ici 2034. Ces cultures sont stratégiques car elles offrent une résistance et une adaptabilité cruciales face aux conditions climatiques rudes et variées de la région.

Sur le plan écologique, l’Afrique subsaharienne connaîtra la hausse la plus forte des émissions directes de gaz à effet de serre liées à l’agriculture, soit +14 % d’ici 2034. Cependant, grâce aux gains de productivité, l’intensité carbone (émissions par unité produite) devrait diminuer dans la région. Pour les producteurs locaux, le défi sera également économique : les prix mondiaux des céréales en valeur réelle devraient baisser sur le long terme en raison des gains de productivité globaux. Cette tendance poussera les exploitants ouest-africains, souvent vulnérables, à améliorer leur efficience pour rester compétitifs face aux flux internationaux.

Alpha BARRO

Source : Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE)

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