Le bulletin d’information économique, publié par la Direction générale du Trésor français, dresse un panorama financier et structurel de l’Afrique pour février 2026. Le document met en avant une amélioration des notations souveraines sur le continent, portée par des réformes rigoureuses et une croissance moyenne projetée à 4,5 %.
Entre accélération de la production agricole, structuration des marchés carbone et lutte contre le changement climatique, le continent africain multiplie les initiatives stratégiques. Tour d’horizon des projets qui façonnent l’avenir durable de la région.
Agriculture : le défi de l’autosuffisance et de la modernisation
La sécurité alimentaire reste une priorité absolue. Au Burkina Faso, un financement de 116,8 millions USD de la BAfD soutient la phase 2 du Projet d’urgence pour le renforcement de la production agricole. L’objectif est ambitieux : atteindre l’autosuffisance céréalière d’ici 2030, après une récolte record de 6,1 millions de tonnes en 2024-2025.
Parallèlement, le secteur se professionnalise :
- au Kenya, une nouvelle usine géante d’aliments pour animaux (capacité de 200 000 tonnes) vient pallier un déficit national criant.
- au Rwanda, une feuille de route est en cours pour adapter la filière café (400 000 producteurs) aux nouvelles normes européennes sur la déforestation et le devoir de vigilance, sécurisant ainsi ses exportations vers l’UE.
- au Sénégal, l’État prévoit la création de 30 zones agroindustrielles pour transformer localement les ressources et réduire la dépendance aux importations.
Le Bassin du Congo et le Kenya en leaders du marché carbone
La valorisation des actifs environnementaux devient un levier économique majeur. Les six pays du Bassin du Congo (dont la RDC, le Gabon et le Cameroun) ont adopté des feuilles de route pour monétiser leur capital carbone, les forêts de la région étant le premier puits de carbone net mondial. L’enjeu est de transformer les 90,9 milliards de tonnes de carbone stockées en investissements concrets pour les populations locales.
Le Kenya prend également une longueur d’avance avec le lancement de son registre national du carbone. Cet outil vise à garantir la traçabilité des crédits et à éviter le « double comptage », renforçant ainsi la confiance des investisseurs internationaux dans les projets de réduction d’émissions.
Résilience climatique : l’eau et l’énergie au cœur des stratégies
Face aux chocs climatiques, les infrastructures s’adaptent. En Éthiopie, un programme de 71,9 millions USD a été lancé pour renforcer la résilience des communautés pastorales face aux sécheresses, via des infrastructures hydrauliques et des projets d’énergies renouvelables. La ville du Cap (Afrique du Sud) se tourne vers le secteur privé pour financer des usines de dessalement et des projets de réutilisation de l’eau afin de prévenir toute future pénurie majeure. Le Togo, quant à lui, poursuit son objectif de couverture électrique universelle d’ici 2030, en s’appuyant notamment sur l’extension de la centrale solaire de Blitta.
Financements verts et gouvernance durable
Les institutions internationales soutiennent cette transition. Le Burkina Faso a récemment conclu un accord avec le FMI au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) pour intégrer les enjeux climatiques dans la gestion de ses finances publiques et catalyser les investissements verts. À Madagascar, l’Union Européenne finance le programme PADIPAP pour préserver les aires protégées tout en créant des revenus durables pour les populations riveraines.
L’Afrique de 2026 ne se contente plus de subir les crises. À travers des réformes structurelles et des projets technologiques audacieux, elle dessine un modèle de développement où l’agriculture et la préservation de l’environnement deviennent les moteurs d’une croissance inclusive.
Sami KAM






